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La saga française « Campus Drivers » prend vie avec la complicité de son autrice C.S. Quill : « On ne photocopie pas un livre »

Espace PresseBy Espace Pressenovembre 5, 2026
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  • Vendue à plus de 800.000 exemplaires en France, sa série de romans « Campus Drivers » devient une série sur Prime Video dès ce vendredi 6 novembre.
  • « Je n’arrivais pas à comprendre, avant de travailler sur ce type de projet, comment il pouvait y avoir des différences entre un livre et un film », reconnaît la star de la romance à la française C.S. Quill.
  • L’autrice de 38 ans nous raconte les coulisses de cette adaptation très réussie à laquelle « elle n’avait même pas pensé ».

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Ils font vrombir de plaisir les lecteurs depuis déjà sept ans. Les Campus Drivers font la bascule des pages à l’écran dans une série de six épisodes qui n’a rien à envier aux productions américaines dont elle s’inspire. Ce n’est pas un hasard si Prime Video a choisi d’adapter cette saga vendue à plus de 800.000 exemplaires (Hugo Romance) pour sa première série Young Adult française. Après le succès à l’international du film Toi+Moi, le géant du streaming a fait confiance à une autrice française qui se cache derrière un pseudo aussi anglo-saxon que ses personnages. 

Camille, 38 ans, dite C.S. Quill, a imaginé le quotidien de quatre étudiants américains à la tête d’une application leur permettant de jouer les taxis sur leur campus. Tout bascule le jour où le très populaire, mais pas moins torturé, Lane (Baptiste Masseline, Mixte) rencontre la discrète Loïs (Carmen Kassovitz, fille de Mathieu)… Exit Los Angeles, la série a posé ses valises sur la Côte d’Azur pour une intrigue entièrement dans la langue de Molière qui fonctionne à merveille et séduira les romantiques invétérés. Autant de changements dont on a discuté en toute franchise avec son autrice, star de la New Romance à la française qui cartonne en librairies.

L’autrice française C.S. Quill lors de l’avant-première de la série « Campus Drivers », le 3 novembre 2026 à Nice. – Frédéric Dides

Auriez-vous imaginé voir Campus Drivers adapté en série télé quand vous en avez écrit les premiers mots ?

Non, pas du tout ! Ça n’a jamais vraiment été dans mon tempérament de me projeter. J’ai commencé à écrire parce que j’avais besoin de le faire, n’importe où. Ça a toujours été plus facile pour moi. Je suis quelqu’un qui parle très vite, je viens d’une famille assez pudique donc ça m’a aidée à poser des choses que je ressentais, à partager des messages ou simplement des histoires. J’ai avancé tranquillement, sans réfléchir à ce qui arriverait ensuite. Comme chaque étape de ma carrière, cette adaptation est une chose à laquelle je n’avais même pas pensé.

Vous étiez sur le tournage de la série. Baptiste Masseline, qui incarne Lane, nous a dit que vous l’aviez tout de suite rassuré, en lui racontant que vous n’en aviez pas une image précise quand vous l’avez écrit. Mais ça a quand même dû vous faire tout drôle de voir votre héros prendre vie…

C’est vrai que je ne visualise jamais mes personnages physiquement. Je n’avais pas peur de savoir à quoi ils allaient ressembler, je voulais les reconnaître. Les acteurs m’ont tout de suite fait ressentir mes personnages. Maintenant, quand je pense aux Campus Drivers, je vois leurs interprètes. Ils ont su retranscrire ça. Quand je suis arrivée sur le tournage et que j’ai vu les premières interactions entre eux, même hors caméra, j’ai vraiment été rassurée par leur alchimie. J’étais heureuse parce que toute mon écriture est basée sur l’émotion. Je me suis dit que si j’arrivais à ressentir exactement ce que je ressentais en les écrivant, ça allait crever l’écran. 

On dit souvent qu’adapter, c’est trahir. Est-ce quelque chose qui vous a fait peur quand Amazon vous a approchée ?

Je suis une grande lectrice et je pense que je fais vraiment partie de ce groupe de lectrices très, très exigeantes. J’avais des attentes et je n’arrivais pas à comprendre, avant de travailler sur ce type de projet, comment il pouvait y avoir des différences entre un livre et un film. J’étais vraiment très fermée là-dessus. Donc c’est vrai que j’avais peur, forcément. J’ai l’habitude des équipes de ma maison d’édition. Là, je ne savais pas non plus à qui j’allais avoir affaire. J’ai mon petit caractère aussi. Mais dès qu’on s’est rencontrés, j’ai vu que ça partait sur de très bonnes bases. Ils étaient curieux, ils avaient saisi l’âme de l’histoire et des personnages. À partir de là, ça ne pouvait être que fidèle malgré tout. 

Malgré tout ?

Je me suis aussi rendu compte que tout ne fonctionnait pas à l’écran. J’ai dû me passer de certaines répliques, que je voulais vraiment garder mot pour mot parce qu’elles sont importantes et parce que je sais que les lectrices les ont en tête. Même en les entendant dans la bouche de Baptiste Masseline, qui est un très bon acteur, ça ne marchait pas. C’était trop écrit. C’est là que tu comprends qu’il y a vraiment un monde entre l’aspect littéraire et l’aspect audiovisuel. C’est le message que j’ai aussi envie de faire passer à mon lectorat. Attention, adapter n’est pas aussi facile que ça. On ne photocopie pas un livre. La phrase qui m’est venue en tête quand j’étais au milieu de tout ça, c’était : « Le livre, c’est exactement l’histoire telle que je voulais l’écrire. L’adaptation, c’est exactement l’histoire telle que je voulais la raconter ». 

En 2026, les États-Unis me font un peu moins rêver, voire nettement moins. Mais quand j’ai écrit le premier tome en 2019, mon esprit allait spontanément là-bas

C.S. Quill

La question s’est-elle posée de tourner la série en anglais avec des acteurs américains ?

Pas que je sache, en tout cas pas à ma connaissance.

Parce qu’on rappelle que dans les livres Campus Drivers, tout se déroule aux États-Unis. La série revient sur vos terres azuréennes…

Le tournage a eu lieu à côté de chez moi. Je me souviens avoir dit à la production : « J’ai fait mes études à la fac de lettres de Carlone à Nice. Si j’ai écrit un livre qui se déroule ailleurs, ce n’est pas pour rien » (rires). Tout de suite, ils m’ont dit qu’ils seraient capables de faire des choses assez incroyables d’un point de vue du décor. On a apporté une vision européenne, avec ce côté cosmopolite. À part quelqu’un qui connaît vraiment ma région, on ne peut vraiment pas savoir où on est.

Comment est née la saga Campus Drivers ?

C’est un mélange de beaucoup de choses. J’adorais lire les romances universitaires. Il y avait aussi plein de séries et de films, comme Dix bonnes raisons de te larguer avec Heath Ledger, dont les histoires se passent sur des campus. J’aime ces décors qui sont très marqués et où on se retrouve très rapidement. Le campus américain est très codifié dans l’esprit collectif. On a été biberonnés à ça toute notre adolescence, même sans y avoir étudié. C’est aussi le moment du passage à l’âge adulte. Tu déconstruis beaucoup de choses sur ce que tu pensais savoir, sur qui tu pensais être. C’est vraiment une tranche de vie hyper intéressante pour tous ces sujets-là, qui sont aussi des thématiques qui nourrissent la romance. En 2026, les États-Unis me font un peu moins rêver, voire nettement moins. Mais quand j’ai écrit le premier tome en 2019, mon esprit allait spontanément là-bas. 

Vous êtes très mystérieuse et le public sait peu de choses de vous, à commencer par votre nom complet. D’où vient ce pseudo, C.S. Quill ?

C’est le pseudo de la flemme ! Vraiment, ça me résume tellement bien. Je n’avais pas d’ambition quand j’ai commencé à écrire. On m’a dit qu’il me fallait un nom de plume. Je n’avais pas trop d’idées, donc j’ai repris le pseudo que j’utilisais à la fac d’anglais. En même temps, Quill, c’est la plume. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’autodérision sur la question. Il y a deux lectures de C.S. Quill. Bien évidemment Camille, mon prénom. Mais c’est aussi la plume de Camille, C’s Quill en anglais. La lettre S, c’est également l’initiale du prénom de ma mère et celle de mon deuxième prénom.

Sur votre site, vous vous décrivez comme « ingénieure en patience la journée, chercheuse en sommeil la nuit ». À quoi ressemble votre quotidien quand vous n’écrivez pas ?

J’ai trois enfants et un mari. Mes journées sont quand même bien rythmées ! Mais même quand je n’écris pas, j’ai toujours la tête qui réfléchit à quelque chose. Quand je commence un livre, je vis en colocation avec mes personnages. Parfois, je les fais un peu taire parce que j’ai d’autres choses à faire. J’ai une vie assez tranquille et extrêmement simple, en fait. J’aime bien avoir ce double univers. Je trouve ça très important d’avoir quelque chose qui individuellement te passionne et te fait grandir en parallèle de ton petit cocon. Ça fait 20 ans que je vis avec mon mari, donc il a connu aussi ce changement de carrière. On a un bon équilibre. 

Vous êtes désormais autrice à temps plein ?

J’aurais pu arrêter il y a cinq ans, mais j’ai sauté le pas il y a seulement deux ans. J’étais fonctionnaire territoriale dans le secteur des solidarités humaines. Le travail social, c’est mon autre passion. Ça a été très dur pour moi de prendre la décision de partir, mais c’est un métier qui demande d’être fait à 100%. Je suis arrivée à un point où je n’étais plus satisfaite de ce que je pouvais faire avec le temps que j’avais. Je suis en disponibilité mais j’y pense encore beaucoup. Ce n’est pas dit que je n’y retourne pas à un moment donné.

Oui, on aime bien les happy ends et on peut dire que c’est prévisible. Mais on ne reprochera pas à un film d’action d’avoir des scènes spectaculaires

C.S. Quill

L’autrice américaine Colleen Hoover nous disait que TikTok « avait changé la donne » pour elle. Ça a tout changé pour vous ?

Tout changer, je ne sais pas, mais c’est sûr que ça a apporté une visibilité au genre. Il y a eu une première phase avec le confinement qui a ramené la lecture au cœur de certaines priorités. Le BookTok a émergé juste après et je pense en effet que ça a contribué au succès de Campus Drivers. C’est devenu un espace où on avait la liberté de pouvoir parler de romance, alors que jusque-là on pouvait ressentir un manque de reconnaissance et une invisibilisation assez poussée par les médias. Tu fais des recommandations, tu partages… TikTok est venu nourrir l’esprit de communauté sur lequel repose le concept de New Romance.

Comment vous définiriez la New Romance à la française ?

C’est assez drôle quelque part de devoir expliquer pourquoi, tout d’un coup, on se met à aimer lire des histoires d’amour. La New Romance va surtout parler de développement personnel à travers l’amour, celui d’un partenaire, de la famille ou celui qu’on se porte. C’est déjà important d’apprendre à s’aimer soi-même pour mieux aimer les autres. Le genre s’intéresse ensuite à diverses thématiques de société pour leur donner un relief un peu différent. Ça peut être le consentement, le deuil… C’est vraiment un monde qui permet de tout aborder. Les gens ont besoin à la fois de se divertir et en même temps de se poser des questions. On a un lectorat qui peut être très jeune et qui n’a pas forcément non plus la possibilité de discuter avec ses proches de certains sujets. On est une porte d’entrée. On ne donne pas de réponse clé en main, c’est à eux de faire leur cheminement. Après, chaque autrice a son style. Morgane Moncomble fait de la romance historique mais ses thématiques sont très actuelles.

C’est aussi une porte d’entrée sur la lecture en général…

Oui, la new romance est aussi un genre qui met les gens à la lecture. Beaucoup de jeunes filles viennent avec leurs parents en dédicaces, ils me disent : « Je pensais qu’elle ne lirait jamais. Elle n’aimait pas ça ».  Rien que ça, c’est formidable. C’est aussi un genre qui se renouvelle tout le temps parce que la société évolue. On ne raconte plus les histoires comme on le faisait il y a dix ans. Et heureusement ! Oui, on aime bien les happy ends et on peut dire que c’est prévisible. Mais on ne reprochera pas à un film d’action d’avoir des scènes spectaculaires. 

Vous parliez d’invisibilisation. C’est vrai qu’il y a quelques années, on cachait davantage les couvertures de ce qu’on lisait. Ce n’est plus le cas. De plus en plus de librairies spécialisées dans la romance ouvrent leurs portes. Parleriez-vous d’une forme de revanche des lectrices ?

Oui, il peut y avoir ce côté. Ce qu’on lit maintenant, c’est même parfois ce que nos grands-mères lisaient avant. On prend la place qu’on aurait dû avoir dès le début. On s’affirme de plus en plus et on communique beaucoup plus. On parle beaucoup plus, notamment sur les réseaux sociaux. Même dix ans en arrière, on pouvait être tenté de penser : « Peut-être qu’il n’y a que moi qui lis ça. » L’effet de groupe aujourd’hui permet aussi de se dire : « Vous ne pouvez plus nous ignorer ». Le fait que Morgane Moncomble soit dans le top 10 des meilleures ventes en France est assez révélateur.  

Quel message avez-vous pour vos futurs lecteurs qui achèteront Campus Drivers après avoir vu la série ?

J’ai hâte qu’ils se posent des questions sur la difficulté d’adapter un livre, comme on le disait. Mais surtout qu’ils ne s’arrêtent pas là s’ils ont envie d’acheter des livres ! C’est un genre tellement vaste qu’il existe forcément une histoire qui va vous satisfaire. Si la série peut servir d’introduction à l’univers de la romance, ça sera déjà bien joué !

>> Campus Drivers – 5 tomes chez Hugo Romance, la série sur Prime Video dès le 6 novembre


Delphine DE FREITAS

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