- Les investigations autour de la mort non élucidée de Robert Boulin redémarrent au pôle « cold case » de Nanterre.
- Trois juges d’instruction viennent d’être désignés, a annoncé lundi la présidence du tribunal judiciaire.
- Le corps de l’ancien ministre du Travail a été retrouvé le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines.
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Plus de 45 ans après la mort non élucidée de l’ancien ministre du Travail Robert Boulin, les investigations reprennent au pôle « cold cases » de Nanterre. « Le président du tribunal a désigné ce jour trois juges d’instruction du pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE, ou « cold cases », ndlr) qui vont désormais pouvoir reprendre l’instruction de cette affaire en co-saisine »
et « poursuivre de nouvelles investigations sans délai »
, a annoncé lundi 29 juin la présidence du tribunal de Nanterre dans un communiqué.
Suicide par noyade ou assassinat ?
Le 30 octobre 1979, le corps de ce gaulliste historique, perçu comme un potentiel Premier ministre, est retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. La justice avait conclu à l’époque à un suicide par noyade après ingestion de barbituriques de celui qui était alors ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre et qui venait d’être mis en cause au sujet des conditions d’acquisition d’un terrain à Ramatuelle (Var).
« On espère que cette grande énigme de la Ve République sera résolue pour la famille et la Nation puisque c’était un ministre en exercice qui a été assassiné ce jour-là »
, a estimé auprès de l’AFP Me Didier Seban, l’avocat de la famille de Robert Boulin qui attendait de longue date le transfert de ce dossier au « cold cases ».
La famille privilégie toujours la thèse de « l’assassinat politique »
Alors que le dossier était initialement instruit à Versailles, une ordonnance de dessaisissement a été rendue le 28 avril, au profit du pôle des crimes sériels et non élucidés. Et le parquet de Nanterre a saisi la présidence du tribunal le 26 juin pour requérir la désignation d’un juge d’instruction du PCSNE dans l’information judiciaire pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de mort, et assassinat de Robert Boulin.
Sa famille a toujours privilégié la thèse de « l’assassinat politique »
, dans un contexte marqué par la mort de trois ministres sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. « Les assassins de mon père ont tout fait pour faire croire que c’était un suicide, tout ça est complètement plombé par une volonté de tout cacher »
, avait dénoncé sa fille Fabienne Boulin-Burgeat lors d’une conférence de presse en avril, pointant notamment l’implication du Service d’action civique (SAC, le service d’ordre du parti gaulliste).
Un témoin décédé en avril
Une enquête en cours depuis 2015, qui s’acheminait vers un non-lieu après un avis de fin d’information judiciaire et un réquisitoire du parquet en ce sens, avait connu un rebondissement en 2022 après la manifestation spontanée d’un certain Elio Darmon.
Son témoignage en 2023 avait permis d’identifier un homme décédé en 1986 et désigné comme le meurtrier potentiel de Robert Boulin. Elio Darmon est décédé en avril dernier à 79 ans des suites de problèmes de santé, a indiqué le parquet de Lorient, écartant une piste criminelle.









