• Il a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi.
  • Un jeune Vendéen interpellé cette semaine est fortement soupçonné d’avoir infiltré et piraté, sous le pseudo « HexDex », une trentaine de sites pour revendre au plus offrant des informations personnelles.
  • Le mois dernier, une équipe de TF1 était entrée en contact avec ce cybercriminel.

Suivez la couverture complète

Le 20H

C’est dans la maison que montre le reportage du JT de TF1 ci-dessus, au cœur du petit village d’Aizenay, en Vendée, que le jeune de 21 ans suspecté d’être le hacker HexDex » a été interpellé lundi soir. Il vivait là avec sa mère et sa sœur. Ses voisins le décrivent comme un génie de l’informatique, adepte du piratage depuis l’âge de 12 ans. La liste de ses victimes présumées est longue. Une quinzaine de fédérations sportives piratées, dont celles de rugby et d’athlétisme, la CFDT, et plus récemment le très sensible système d’information sur les armes, qui regroupe les données personnelles de plus de 62.000 propriétaires d’armes à feu en France. En tout, une trentaine de structures piratées. Le jeune homme a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi.

Il doit y avoir 1% de chance pour que vous ne soyez dans aucune fuite.

« HexDex » au journaliste de TF1

HexDex s’infiltrait et dérobait les bases de données : noms, prénoms, adresses, qu’il revendait ensuite sur le Darknet pour quelques centaines, voire milliers d’euros. Fin mars, le journaliste de TF1 Arsène Gay avait pu s’entretenir avec ce hacker. Sur une messagerie cryptée, il expliquait alors à quel point le marché est développé. « J’analyse, indexe et vends les données au détail à des gens qui, à leur tour, les revendent à leurs clients. C’est tout un écosystème », disait-il. « Et cet écosystème, que sait-il des Français ? », lui demandait alors notre journaliste. « On sait tout de vous. Il doit y avoir 1% de chance pour que vous ne soyez dans aucune fuite », répondait-il. 

Pour prouver son sérieux, « HexDex » avait même envoyé les données personnelles de certains salariés de TF1. « Parfois, j’aime bien prendre un nom, prénom, quelque part, et voir que je peux tout savoir de lui », arguait-il. Quant à savoir s’il avait des limites dans la revente, des lignes rouges, « non, aucune », tranchait-il. Même les données sensibles, parfois très intimes, ne l’arrêtaient pas : « C’est certain, oui, j’y pense chaque jour. Mais finalement, les gains me font vite oublier. L’argent n’a pas d’odeur ».  

Sur la page du hacker s’affiche désormais un message d’alerte avec les logos de la police judiciaire parisienne, comme un pied de nez à celui qui a mobilisé des dizaines d’enquêteurs ces dernières semaines. « Il ne faut pas s’étonner de l’efficacité de la police. Il y a eu déjà énormément d’arrestations, il y a plusieurs semaines et plusieurs mois. Ils montent en puissance. D’abord, ça reste des enquêteurs, mais il y a aussi les techniques et le partenariat avec d’autres pays. Donc il faut clairement s’attendre à de futures autres arrestations », indique à TF1 Damien Bancal, expert en cybersécurité et fondateur du site Zataz.com.

« HexDex » encourt désormais une peine maximale de 7 ans de prison ferme et 300.000 euros d’amende.

La rédaction de TF1info | Reportage : Guillaume CHIEZE, Nicolas HESSE et Guillaume COLLEONI

Share.
Exit mobile version