- Filmé aux côtés d’un influenceur, le maire LR du 6ᵉ arrondissement de Paris a pointé du doigt l’état du célèbre pont des Arts, pourtant rénové il y a quelques années.
- Les deux hommes s’attardent sur des planches mal fixées qu’ils jugent dangereuses, et insistent sur l’origine exotique du bois, venu d’Afrique.
- Si la mairie de Paris s’empare du sujet et promet de rapides travaux dans les semaines à venir, la qualité et l’origine du bois sélectionné n’ont rien à voir avec ces dégradations.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Réélu à la tête du 6ᵉ arrondissement de Paris il y a quelques semaines, le maire LR Jean-Pierre Lecoq est apparu ces derniers jours dans une vidéo (nouvelle fenêtre) partagée sur les réseaux sociaux. Il a échangé avec l’influenceur Tony Pittaro et mis en avant la dégradation du pont des Arts. Les deux hommes se sont rendus sur le célèbre ouvrage d’art, parmi les plus connus de la capitale : l’occasion pour eux de constater que malgré de récents travaux « qui ont duré 18 mois »
, des « planches qui se soulèvent »
mettent « en danger potentiel des centaines de milliers de touristes »
et de Parisiens.
Au cours de cet échange, le maire s’attarde sur l’origine du bois, qui « semble-t-il, viendrait d’Afrique »
. Un choix qu’il semble regretter puisqu’il rappelle avoir proposé avec ironie à l’ancienne majorité dirigée par Anne Hidalgo d’aller chercher lui-même « du bois dans la forêt des Vosges ».
L’intervieweur à ses côtés insiste quant à lui sur les risques encourus par les passants : « Je pense qu’il y a des gens qui tombent, il y a des accidents »
, assure-t-il.
Des fixations n’ont pas tenu
Le pont présente-t-il un danger ? Est-il laissé en l’état malgré les « multiples signalements »
évoqués par Jean-Pierre Lecoq ? Pour en savoir plus, TF1info a contacté la mairie de Paris, désormais dirigée par le socialiste Emmanuel Grégoire. Celle-ci reconnaît que « certaines anomalies ont été constatées »
depuis la « rénovation complète du platelage »
du pont des Arts entamée en 2023. La Ville, nous dit-on, « travaille avec l’entreprise en charge des travaux afin d’identifier les causes et d’y remédier au plus vite ».
Elle ajoute « qu’aucune chute »
n’a été portée à sa connaissance « depuis le constat de défaillance de fixations »
.
À la suite du signalement réalisé cette semaine, la municipalité assure que ses équipes sont intervenues dans la foulée. Il s’agissait avant tout de « sécuriser les zones concernées en refixant les lames »
. Par ailleurs, « plusieurs lourdes interventions ont déjà eu lieu ces derniers mois »
, et une « nouvelle intervention plus durable est programmée, depuis plusieurs semaines, à partir du 11 mai pour une durée d’environ huit semaines »
. À l’heure actuelle, « le platelage reste en place et ne présente pas de danger pour les usagers »
, nous assure-t-on.
Emmanuel Grégoire a lui aussi réagi, par l’intermédiaire d’une vidéo (nouvelle fenêtre) postée sur son compte Facebook. Il évoque lui aussi les « travaux d’urgence »
à venir et évoque des « rivets mal fixés »
. Si ces fixations ne « tiennent pas bien »
, c’est possiblement dû à « la chaleur »
, rapporte le maire, ainsi qu’aux multiples passages des vélos, responsables d’importantes « vibrations »
. Il faut noter que des cyclistes roulent fréquemment sur le pont, malgré les panneaux leur demandant de mettre pied à terre pour rejoindre le quai opposé de la Seine.
L’influenceur Tony Pittaro a pris acte de la réponse apportée par le maire de Paris et s’est empressé de la relayer sur ses réseaux sociaux. En remontant le fil de ses publications, on découvre que ce n’est pas la première fois qu’il met en cause la municipalité et déplore la manière dont la ville est entretenue. Qu’il s’agisse des tags dans le 10ᵉ arrondissement, des fontaines « à sec »
ou de l’insécurité dans le quartier Barbès, nombre de ses vidéos s’inscrivent dans la lignée du mouvement « Saccage Paris », qui a pris de l’ampleur en ligne ces dernières années.
Si des travaux vont être entrepris pour assurer la sécurité du pont des Arts, il est important de noter que la qualité du bois n’est nullement remise en cause, pas davantage d’ailleurs que son origine. À titre d’information, la mairie a opté pour « du badi (ou bilinga), un bois exotique d’Afrique réputé pour sa résistance »
, précise-t-elle sur son site. En théorie, « ce bois FSC devrait durer une trentaine d’années, là où le chêne a une résistance de douze ans ».
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