La révision de la directive Services de médias audiovisuels (SMA) par la Commission européenne, dont la première étape est attendue début mai, pourrait constituer un « point de bascule ». C’est la crainte majeure de Juliette Prissard, déléguée générale d’Eurocinéma, une association basée à Bruxelles représentant les intérêts d’une dizaine d’organisations de producteurs de films et de programmes audiovisuels indépendants.
Le texte, dont la première version date de 1989, constitue la « clé de voûte » du système audiovisuel et cinématographique en Europe. Celui-ci est notamment fondé sur l’obligation faite aux chaînes de télévision de diffuser et de produire un quota d’œuvres européennes et de faire appel à des producteurs indépendants (c’est-à-dire sans lien capitalistique avec les télévisions). Des obligations analogues sont imposées aux plateformes de VOD, y compris non européennes.
Ces derniers mois, les appels à la dérégulation se sont multipliés. « L’administration Trump a clairement dit que ces obligations d’investissement dans la création » constituent « un vrai problème » et « une entrave au marché européen pour les entreprises américaines », souligne Juliette Prissard. Les plateformes de vidéo à la demande (VOD) sont sur la même ligne à travers la Motion Picture Association – qui regroupe les majors hollywoodiennes, leurs plateformes de streaming, Netflix et Amazon –, tout comme l’Association des chaînes de télévision privées (ACT), composée de sociétés américaines et européennes.
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