L’artiste américaine Barbra Streisand, chanteuse, actrice et réalisatrice, recevra une Palme d’or d’honneur lors de la soirée de clôture du festival de Cannes (12-23 mai), ont annoncé, mercredi 11 mars, les organisateurs. « Elle est la synthèse légendaire entre Broadway et Hollywood, entre la scène du music-hall et le grand écran de cinéma », a salué le délégué général du festival, Thierry Frémaux.
Cette récompense viendra s’ajouter à la collection déjà bien fournie de Barbara Streisand, l’une des rares artistes à avoir été distinguée à la fois aux Oscars (cinéma, deux trophées), aux Grammys (musique, dix), aux Tonys (théâtre, un) et aux Emmys (télévision, quatre).
« C’est avec fierté et une profonde humilité que j’ai le bonheur de rejoindre le cercle des lauréats de la Palme d’or d’honneur, dont le travail m’inspire depuis longtemps », s’est réjouie la diva de 83 ans, citée dans un communiqué.
« La force de son art et l’exigence de sa liberté »
Barbra Streisand est la seule artiste féminine à avoir placé un album en tête des charts au cours de chacune des six dernières décennies. D’abord attirée par une carrière d’actrice, c’est dans les cabarets qu’elle est remarquée pour sa voix, avant de percer à Broadway.
Pour son premier rôle au cinéma en 1968 dans Funny Girl, elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice à 26 ans seulement. Elle tourne ensuite sous la direction de Gene Kelly (Hello, Dolly !, 1969) et Vincente Minnelli (Melinda, 1970). En 1973, elle forme un couple passionné avec Robert Redford dans Nos plus belles années de Sydney Pollack.
En 1977, elle remporte son second Oscar pour Evergreen, la chanson originale d’Une étoile est née dans lequel elle joue le rôle principal également. Avec Yentl, son premier film en tant que réalisatrice (mais aussi productrice et scénariste), « c’est la première fois qu’Hollywood accorde un budget de production aussi important à une femme cinéaste », rapporte le festival.
Adapté d’une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer racontant l’histoire d’une femme se travestissant en homme pour étudier le Talmud, le film met 14 ans à voir le jour mais rencontrera un grand succès public et critique, et sera nommé sept fois aux Oscars. Elle réalisera ensuite deux autres films : Le Prince des marées (1991) et Leçons de séduction (1996).
« Nous avions à cœur de saluer une artiste qui s’est imposée par la force de son art et l’exigence de sa liberté », a réagi la présidente du festival de Cannes, Iris Knobloch.
Une autre Palme d’or d’honneur sera attribuée pendant le festival, au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson.









