- Les tensions ont perduré ce vendredi aux abords d’établissements scolaires où les lycéens restaient mobilisés.
- Invité du 20H de TF1, le ministre de l’Intérieur a annoncé que 1.747 personnes ont été interpellées pour cette seule journée.
- En outre, des « violences urbaines » ont été recensées à proximité de 158 établissements, a indiqué Laurent Nuñez.
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Lycées, facs… le mouvement de contestation prend de l’ampleur
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Entre face-à-face avec les forces de l’ordre, grilles d’entrée de certains lycées en feu ou poubelles incendiées et interpellations, la mobilisation lycéenne met à l’épreuve les forces de sécurité confrontées à des jeunes, mineurs pour la plupart, mais pour certains « ultraviolents » et déterminés. La situation est-elle pour autant devenue hors de contrôle ? Laurent Nuñez se montre plus mesuré. Invité du 20H de TF1, le ministre de l’Intérieur a souligné que « 735 établissements ont été concernés par la mobilisation »
, ce vendredi 2 octobre, « c’est 30% de moins »
qu’hier.
Il a par ailleurs précisé que des « violences urbaines »
ont été recensées à proximité de 158 établissements : « jets de projectiles, prises à partie des forces de l’ordre, des enseignants, de journalistes, de passants… »
, a détaillé le ministre, assurant que « systématiquement »
, quand il y a des débordements, «
il y a des interventions des forces de l’ordre
pour mettre un terme à ces violences. Ce sont les instructions que je passe, il n’y en a pas d’autres »
, a-t-il insisté. « Si bien que 1.747 personnes ont été interpellées ce vendredi »,
a-t-il affirmé. C’est un peu moins qu’hier (1.954). Au total, « plus de 5000 »
interpellations ont eu lieu depuis lundi.
On a oublié qu’ils sont lycéens, ce sont tout simplement des voyous, des délinquants. Et les forces de sécurité intérieure font leur travail de manière remarquable et les interpellent.
On a oublié qu’ils sont lycéens, ce sont tout simplement des voyous, des délinquants. Et les forces de sécurité intérieure font leur travail de manière remarquable et les interpellent.
Laurent Nuñez
Toutefois, Laurent Nuñez reconnaît que la mobilisation est « surprenante »
par son « ampleur importante »
. « Le nombre d’établissements concernés dépasse de très loin de précédents mouvements lycéens »
, reconnaît-il, pointant « le rôle des réseaux sociaux, le rôle d’une formation politique »
, à savoir La France insoumise. Le parti a « incité les lycéens à bloquer les lycées, à manifester et à mobiliser les proxys, ces structures et syndicats d’ultra-gauche »,
a-t-il ajouté. « Ça a permis de donner une certaine ampleur au mouvement »,
a estimé le ministre de l’Intérieur, « mais une partie des violences leur échappent totalement, et ça c’est mon rôle comme ministre de l’Intérieur d’y mettre un terme ».
Concernant le policier violemment agressé à Belfort, « il va bien »
, a assuré le ministre, rappelant que « le procureur de la République a ouvert une enquête pour tentative de meurtre ». « Le but de l’opération était d’interpeller des individus qui jetaient des projectiles, ce que d’ailleurs cet officier de police a réussi à faire et vraiment je veux avoir une pensée pour lui, car la sauvagerie de ces assaillants est innommable »,
a expliqué Laurent Nuñez. « Beaucoup d’enseignants »
sont également victimes des violences, a poursuivi le ministre sur TF1. « Ils sont au contact de nos policiers, de nos gendarmes sur le terrain pour empêcher les débordements, s’engagent totalement et beaucoup sont pris à partie et blessés »
, a-t-il salué.
Interrogé sur le profil des personnes impliquées dans les violences, Laurent Nuñez a répondu que 85% des personnes interpellées « sont des mineurs »
et « en grande partie »
des lycéens. Toutefois, ils ne sont « pas forcément des lycéens qui étudient dans les établissements aux abords desquels il y a ces violences urbaines »
, a souligné le ministre de l’Intérieur. « Ils se comportent comme des casseurs, des voyous »,
a-t-il regretté. « On a oublié qu’ils sont lycéens, ce sont tout simplement des voyous, des délinquants. Et les forces de sécurité intérieure font leur travail de manière remarquable et les interpellent »
, s’est-il félicité.
Sur le plateau de TF1, le ministre de l’Intérieur a également été questionné sur ces scènes de lycéens malmenés, voire blessés par les forces de l’ordre, qui ont pu mettre le feu aux poudres. À ce sujet, Laurent Nuñez a assuré que si « aucune consigne de retenue »
n’a été passée, la consigne est aussi « d’utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité intérieure »
. Pour les forces de l’ordre, l’objectif est « de mettre un terme à des exactions et des débordements avec la proportionnalité et la retenue »,
a insisté le ministre, ajoutant que cinq policiers font l’objet d’une saisine de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) « pour des gestes dont la justice dira s’ils étaient proportionnés ou pas ».
Pour conclure, Laurent Nuñez a appelé « à l’apaisement et à la vigilance »
pour l’appel à manifester du mardi 6 octobre.