- La Sécurité sociale confirme le remboursement des tests de dépistage du cadmium pour les patients à risque.
- Il débutera le 16 juin sur prescription des médecins dans les zones reconnues par les autorités compétentes.
- En 2025, près de la moitié de la population présentait un taux d’exposition dépassant les valeurs sanitaires de référence.
Le dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville va être remboursé pour les patients à risque à partir du 16 juin, en vertu d’une décision de l’Union nationale des caisses d’Assurance maladie publiée au Journal officiel. « Il s’agit bien de la dernière étape administrative avant le remboursement »
, précise à l’AFP la Direction de la Sécurité sociale, à propos de ce texte paru mardi 2 juin.
Le dosage urinaire du cadmium, appelé cadmiurie, pourra être prescrit par un médecin aux « personnes potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence »
, quand « le sol a été préalablement reconnu par les autorités compétentes comme étant pollué par le cadmium »
et à celles surveillées pour « une intoxication chronique au cadmium »,
précise le texte, qui modifie la nomenclature des actes de biologie médicale.
En cas de cadmiurie élevée chez ces patients, un dosage du cadmium dans le sang, réalisé en complément, sera également pris en charge. Le texte précise que les tests doivent être effectués en suivant les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS).
Chacun des deux actes de biologie médicale sera tarifé 27,50 euros, remboursé à 60% par l’Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé. Le patient devra toutefois régler 2 euros de « participation forfaitaire »
qui restent à sa charge sur chaque acte de biologie médicale, comme pour toute consultation chez le médecin.
L’alimentation, première source d’exposition
En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), qui juge cette « imprégnation préoccupante »
.
Dans un rapport publié en mars, l’Anses confirme que, hors tabac, l’alimentation est en France la principale source d’exposition au cadmium, classé comme « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction »
. L’imprégnation des sols est largement due aux pratiques agricoles et notamment à l’utilisation d’engrais phosphatés.
Une proposition de loi étudiée à l’Assemblée
La HAS préconisait en 2024 de dépister les résidents « potentiellement surexposés »
des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (Champagne, Charente, Jura, Massif central…) ou riverains des 7.000 sites pollués par une implantation industrielle, qui se contaminent en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement.
« Mais on n’exclura pas les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être sur-imprégnées : ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses »
, a précisé mi-mai le ministère de la Santé à l’AFP.
Une proposition de loi écologiste pour limiter les risques d’exposition de la population au cadmium a été examinée ce mercredi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Ses contempteurs dénoncent une initiative dangereuse pour la compétitivité de l’agriculture française, et ses chances d’être adoptée telle que proposée sont faibles. Mais le texte est soutenu par de nombreux activistes.









