- Face au déclin rapide des récifs coralliens, les scientifiques expérimentent des techniques de restauration, avec l’espoir de ralentir la perte de cet écosystème vital.
- Des chercheurs américains ont annoncé avoir réussi à inverser le processus de blanchiment lors d’une expérience en laboratoire.
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Les récifs coralliens sont la « forêt tropicale » des océans, le deuxième poumon de notre planète, mais ils disparaissent à une vitesse alarmante sous l’effet du changement climatique (nouvelle fenêtre). Ravivant l’espoir d’enrayer cette catastrophe, des scientifiques de l’université de Stanford ont déclaré avoir réussi à inverser le blanchiment des coraux en seulement quelques semaines au cours d’une expérience en laboratoire. « Ce que nous avons découvert était stupéfiant. Les coraux sains ont rapidement transféré des algues bénéfiques aux coraux blanchis, leur redonnant ainsi leur pigmentation et les aidant à se rétablir en très peu de temps »
, écrit Danny Collins, doctorant en océanographie et principal auteur de l’étude, dans un communiqué de presse (nouvelle fenêtre).
Après seulement quelques semaines de contact, les coraux autrefois blanchis étaient devenus impossibles à distinguer de leurs homologues sains. « Lorsque nous avons examiné les coraux au microscope, nous avons constaté quelque chose d’étrange : leurs tissus s’étaient fusionnés. Cela relevait de la science-fiction, mais en l’espace de deux jours seulement après le contact, les coraux avaient formé un pont tissulaire. Au point de contact, nous avons vu des algues bénéfiques affluer depuis le corail sain, traverser le pont et pénétrer dans le corail blanchi, où elles se sont répandues dans l’ensemble de ses tissus. Ces ponts faisaient office d’autoroute nutritive, permettant le transfert rapide d’algues bénéfiques entre les coraux »
, décrit le scientifique.
Cinq jours de contact ont suffi pour déclencher le rétablissement
Cinq jours de contact ont suffi pour déclencher le rétablissement
Danny Collins, doctorant en océanographie
Le transfert s’effectuait si rapidement que le corail sain n’avait pas besoin de rester en contact avec le corail blanchi pendant toute la durée du processus de rétablissement. « Cinq jours de contact ont suffi pour déclencher le rétablissement ; passé ce délai, le corail sain pouvait être retiré et le corail blanchi pouvait poursuivre son rétablissement de manière autonome »
, affirme Danny Collins. Pour vérifier si le contact était indispensable à la régénération, les chercheurs ont placé des coraux blanchis à quelques millimètres de coraux sains, sans les laisser se toucher. Ces coraux isolés ne se sont pas rétablis. Au contraire, ils sont morts, comme cela arrive souvent sur les récifs.
Alors que les océans ont enregistré en juin des températures record et qu’un important épisode El Niño est attendu cette année, les spécialistes redoutent que 2026 soit encore plus destructrice pour ces espèces marines. Les chercheurs ont déclaré que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour mettre au point des méthodes applicables sur le terrain permettant de transférer des symbiotes dans des coraux blanchis sans recourir à des coraux sains. « Les coraux blanchis présentent un taux de mortalité si élevé que beaucoup les considèrent comme une cause perdue. Pourtant, même s’ils sont en train de mourir, ils ne sont pas encore morts »
, écrit Danny Collins, qui préfère garder espoir.