Saint-Denis, première prise de guerre pour LFI
C’est une première prise de guerre pour La France insoumise (LFI), et pas des moindres : le candidat Bally Bagayoko, allié au Parti communiste, a ravi au Parti socialiste (PS), dès le premier tour, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la deuxième plus grande ville d’Ile-de-France derrière Paris. Bally Bagayoko réalise ainsi l’ambition qu’il affichait ces dernières semaines : récupérer au PS la ville historiquement communiste, et ce dès le premier tour.
Cette victoire « montre que le chemin de la rupture dans les villes populaires comme Saint-Denis et Pierrefitte [aujourd’hui partie intégrante de Saint-Denis] est le chemin qu’il faut pour l’ensemble des territoires populaires », a réagi, sur LCI, Bally Bagayoko, vantant une ville qui, avec 150 nationalités, « représente en fin de compte tout ce que l’extrême droite déteste ».
C’est, à l’inverse, un coup dur pour Mathieu Hanotin, qui a réuni près de 33 % des voix, devant Elsa Marcel, la candidate de Révolution permanente (extrême gauche), avec environ 7,1 %. Egalement président de l’établissement public territorial Plaine Commune, Mathieu Hanotin avait, en 2020, mis fin à soixante-quinze ans de règne communiste à Saint-Denis et était devenu, ces dernières années, la bête noire de la gauche radicale du département. Sollicité par l’Agence France-presse, il n’a pas souhaité réagir à sa défaite.
Saint-Denis a fusionné, début 2025, avec Pierrefitte-sur-Seine. Une union qui pourrait être remise en cause avec la victoire de la liste de Bally Bagayoko, qui a promis de sonder les habitants et de défusionner s’ils se prononcent en faveur d’un retour en arrière.
La bataille de Saint-Denis a été d’une rare violence, les entourages des deux candidats multipliant les polémiques et les accusations. Dimanche après-midi, la liste LFI-PCF a accusé Mathieu Hanotin d’utiliser « les moyens de la mairie » pour « perturber la sincérité du vote », ce qu’a nié l’entourage du maire qui a, de son côté, blâmé le camp adverse d’actions illégales, allant de l’« arrachage systématique » d’affiches sur les panneaux officiels à des « menaces de mort ». Ces dernières semaines, Mathieu Hanotin et son entourage se sont publiquement inquiétés, selon eux, de voir des trafiquants de drogue faire campagne pour M. Bagayoko qui, en réaction, a porté plainte pour diffamation.








