- Depuis dimanche, les autorités turques ont lancé une opération anti-LGBT dans les grandes villes du pays.
- Une centaine de personnes ont été arrêtées à Ankara et Istanbul.
- Des événements qui ont provoqué la colère des partis d’opposition et d’organisations des droits humains.
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La pression ne retombe pas. En Turquie, une opération anti-LGBT est menée, depuis dimanche 13 septembre, au cœur des villes du pays. Rien que ce mardi, une centaine de personnes ont été interpellées à Ankara et Istanbul, selon des avocats, après des manifestations pour dénoncer la vague d’arrestations de ces derniers jours avec des slogans comme « Vive la lutte pour la liberté », « Malgré la haine, vive la vie »
ou encore « Être LGBT+ et s’organiser n’est pas un crime ».
Deux journalistes du quotidien turc Birgün
et de la télévision publique allemande ARD ont aussi été arrêtés, selon le Syndicat des journalistes de Turquie. Une autre, interpellée dimanche pour un article sur le mouvement LGBT en Géorgie voisine, devait être entendue mardi par le parquet, selon l’ONG MLSA.
Inquiétude et protestations
L’opération qui cristallise la colère actuelle a débuté dimanche, avec l’arrestation par la police de dizaines de personnes dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+, pour « obscénité
« , « aide à la prostitution
» ou « liens financiers avec l’étranger
« . De nombreux comptes de réseaux sociaux de défenseurs des droits humains et de médias ont en outre été bloqués, dans le cadre d’opérations appelées « Ma famille est en sécurité ».
Le Nouveau Parti (Yeni, opposition) a regretté « l’utilisation du système judiciaire comme outil de punition généralisée, fondée sur l’orientation sexuelle et les préférences des individus ».
L’opération suscite inquiétudes et protestations jusqu’à l’étranger.
Après l’Union européenne lundi, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a jugé que « de simples références aux ‘valeurs familiales’ ou à la ‘protection des enfants’ ne (pouvaient) servir de justification aux restrictions des droits de l’homme ».
L’homosexualité n’est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l’homophobie y est répandue jusqu’au sommet de l’État. Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a proclamé en 2026 « la Décennie de la famille », prend régulièrement pour cible les LGBT+ qu’il qualifie de « pervers
» et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.
La rédaction de TF1info avec AFP

