- Un membre du mouvement de jeunesse du parti d’extrême droite allemand a publié une carte de l’Allemagne englobant l’Alsace et la Moselle.
- D’où vient « cet objectif », alors que l’AfD est en tête des sondages outre-Rhin ?
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L’Allemagne compte-t-elle redessiner ses frontières ? Un membre de l’AfD, l’extrême droite allemande, a publié sur ses réseaux sociaux une carte bien particulière. Celle-ci présente l’Allemagne comme occupant plusieurs territoires de ses voisins. Le Luxembourg, l’Autriche, une partie de la Suisse, une partie de l’Italie seraient ainsi allemands, mais aussi… l’Alsace et la Moselle. « La réunification allemande signifie une Allemagne qui rassemble l’ensemble du peuple allemand au sein d’un seul État »
, a écrit Helmut Strauf, l’un des responsables de Generation Deutschland
, le mouvement de jeunesse de l’AfD.
Cette publication, depuis supprimée, fait référence au projet de « grande Allemagne ». Un concept loin d’être nouveau : de nombreuses organisations d’extrême droite ont fait campagne ces dernières décennies pour que l’Allemagne retrouve ses frontières de 1937, voire, pour les plus expansionnistes, celles de 1914, incluant l’Alsace et la Lorraine.
La nostalgie du XIXᵉ siècle
Remontons le temps. Depuis le 18 janvier 1871 et jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, l’Empire allemand est bien plus large que les frontières actuelles. Il forme un immense territoire allant jusqu’à la mer Baltique et est voisin de l’Empire de Russie. L’Alsace et une partie de la Lorraine, correspondant aujourd’hui à la Moselle, y sont rattachées, prises à la France après sa défaite de 1870-1871. Mais après le revers militaire allemand en 1918, l’Empire chute. Les frontières sont revues. L’Alsace et la Moselle reviennent ainsi à la France sans discontinuer, sauf pendant l’occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale.
Reste que des courants nationalistes ont contesté les nouvelles frontières au nom du pangermanisme, un mouvement visant à rassembler tous les peuples considérés comme appartenant à la nation allemande au sein d’un même État. Aujourd’hui encore, cette volonté de revenir aux frontières d’antan demeure. D’où le bref message d’Helmut Strauf. « Aujourd’hui, nous commémorons une victoire d’étape sur le chemin qui mène à cet objectif »
, a-t-il écrit le 3 octobre dernier, 36 ans après la réunification de l’Allemagne.
L’AfD, en tête des sondages en Allemagne et qui vient de décrocher la présidence d’un parlement régional pour la première fois depuis 1945, ne propose pas officiellement un tel programme. Mais l’idée ne sort pas de nulle part, à en croire le Rassemblement national, ancien allié du parti d’extrême droite allemand au Parlement européen. « Ces idées odieuses et intolérables sont exactement celles pour (lesquelles) j’étais sorti ‘horrifié’ d’un entretien avec des dirigeants de l’AfD »
, il y a quelques années, a rapporté sur X le député RN Jean-Philippe Tanguy.

