- Le gouvernement avait indiqué ces derniers jours avoir saisi la justice concernant le site Motherless, pointé du doigt dans une récente enquête de CNN.
- La plateforme, qui a cumulé plus de 60 millions de visites en février, hébergeait de vidéos de viols sur des femmes endormies ou droguées à leur insu.
- Le site est désormais « hors ligne », a annoncé ce samedi la ministre Aurore Bergé.
Quelques jours après l’annonce d’un signalement à la justice, l’accès à la plateforme est enfin bloqué. Le site Motherless, qui héberge des vidéos de viols sur des femmes inconscientes (nouvelle fenêtre), est désormais « hors ligne »
, annonce ce samedi 9 mai sur X (nouvelle fenêtre) la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé. Si cette fermeture marque une « victoire »
, « elle ne doit pas être provisoire »
, a-t-elle insisté.
En mars, la chaîne américaine CNN (nouvelle fenêtre) avait révélé l’existence de plusieurs plateformes en ligne où des hommes s’échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe, dans une enquête dénonçant une « académie mondiale du viol »
. Elle évoquait notamment Motherless, qui héberge plus de 20.000 vidéos dans la catégorie « sleep »
, dédiée à des actes sexuels commis sur des femmes endormies ou droguées à leur insu.
« Un site qui fait commerce du viol de femmes », dénonce la ministre
Face à ces révélations, Aurore Bergé avait été interpellée mercredi à l’Assemblée nationale par le député EPR Guillaume Gouffier Valente. Le parlementaire avait dénoncé des « faits d’une extrême gravité »
promus par ce site « accessible »
à tous, qui a « enregistré plus de 64 millions de visites »
en février et dont « la France est le quatrième pays consommateur »
. Paris « se saisit pleinement »
, avec « signalement au procureur de la République, signalement à Pharos »
, le site gouvernemental de signalement des contenus illicites en ligne, et « signalement à l’Arcom »
, le régulateur de l’audiovisuel, avait répondu la ministre.
Ce samedi, elle a annoncé sur X que la plateforme, qui hébergeait « des dizaines de milliers de vidéos de viols,
de femmes droguées, de mineures
(nouvelle fenêtre)«
, avait été fermée. « Ce n’était pas du contenu
adulte. C’était du contenu criminel »
, a insisté Aurore Bergé, exhortant désormais à ce que cette fermeture soit définitive.
Dans l’hémicycle mercredi, la ministre avait fustigé « un site qui fait commerce du viol de femmes »
. « Ce sont des centaines de milliers de vidéos de femmes qui sont en train d’être droguées, à leur insu, par leurs compagnons, leurs conjoints »
et « qui sont ensuite commercialisées »
, avait-elle cinglé. « Beaucoup trop d’hommes consomment ces vidéos, cela infuse dans notre pays (…) la culture du viol »
et « c’est cette culture
qu’il nous faut changer ensemble
(nouvelle fenêtre)«
, a-t-elle conclu.
Fin avril, l’Arcom avait indiqué à l’AFP avoir été saisie au sujet de Motherless, mais aussi chaat.fr et legarçon.net., des sites accusés cette fois par la haute-commissaire à l’Enfance Sarah el Haïry de mettre en contact des mineurs avec des pédocriminels. « Pour ces trois sites, l’Arcom est en lien avec l’OFAC (Office anti-cybercriminalité), et le Parquet pour identifier la ou les procédures les plus pertinentes permettant de faire cesser la diffusion de contenus illicites, le cas échéant »
, avait précisé le gendarme de l’audiovisuel.









