- Après un week-end marqué par des violences dans de nombreuses villes en France, Emmanuel Macron a débuté ce lundi une tournée dans le Golfe.
- Avec ce déplacement, qui commence au Koweït, le chef de l’État espère sécuriser des volumes de pétrole et diesel pour faire baisser les prix à la pompe.
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Très critiqué après un week-end de violences qui compromet la fin d’un quinquennat déjà chaotique, Emmanuel Macron a entamé lundi une tournée dans le Golfe destinée à sécuriser des volumes de pétrole et de diesel pour faire baisser les prix à la pompe. Quelques heures après avoir tenté de reprendre la main sur le plan intérieur dans une adresse aux Français, le président a atterri au Koweït où il a été accueilli par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah.
Il se rendra ensuite aux Émirats arabes unis puis au Bahreïn et au Qatar d’ici mercredi, pour une tournée qui a aussi vocation à renforcer des « partenariats économiques et de défense »
dans une région en pleine tourmente depuis l’offensive israélo-américaine contre l’Iran en février.
Ça peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir
Ça peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir
Benjamin Morel, constitutionnaliste
Dimanche soir, le chef de l’État a promis la fermeté contre les auteurs des violences lors de manifestations mais aussi la « transparence »
sur le dispositif de maintien de l’ordre, critiqué tant par les oppositions que par les maires des villes impactées, de Paris à Marseille. Dans la foulée, il a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de mettre en place « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action » contre les casseurs.
Avant de s’envoler pour le Moyen-Orient, il a aussi justifié son déplacement, qu’il a maintenu, par la nécessité de « sécuriser nos approvisionnements »
alors que les manifestants ont notamment fait part « d’une inquiétude (…) sur le prix des carburants »
. Cette tournée, « ça peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir »
, analyse le constitutionnaliste Benjamin Morel.
De hauts responsables de TotalEnergies et Engie à bord
Dans le Golfe, « l’objectif est d’avoir un certain nombre d’engagements »
sur des volumes de « diesel et pétrole »
à un moment de forte tension sur les marchés, a annoncé l’Élysée. Le chef de l’État est accompagné de hauts responsables des deux plus grands groupes énergétiques français, TotalEnergies et Engie. Les pays du G7, présidé cette année par la France, ont déjà convenu début octobre de prélever jusqu’à 100 millions de barils sur leurs stocks stratégiques pour faire baisser la pression.
Les prix de l’énergie sont lourdement affectés par le blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transitait 20% du pétrole mondial avant la guerre en Iran. S’y ajoutent les attaques des rebelles Houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite et les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, autre voie maritime majeure reliant l’Europe à l’Asie.
« Les pays arabes du Golfe sont très désireux d’approvisionner le monde, le marché français, mais il leur est difficile de prendre des engagements fermes tant que la région ne sera pas stabilisée »
, avertit Francis Perrin, expert en énergie à l’Institut français de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui ne s’attend pas à un impact du voyage sur les prix. Emmanuel Macron discutera aussi avec ses interlocuteurs, dont le président émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, des moyens de « sécuriser »
les voies maritimes dans la région et de trouver des « voies alternatives et de contournement pour les hydrocarbures liquides ».