La roupie de sansonnet ne vaut pas grand-chose. La roupie indonésienne non plus. Son cours a atteint, mardi 25 mars, son plus bas niveau depuis la crise asiatique de 1998. La banque centrale a dû intervenir à nouveau pour stopper l’hémorragie, tandis que la Bourse a dévissé de 14 % depuis janvier. Comme le battement d’ailes du papillon qui déclenche un ouragan à l’autre bout de la planète, c’est la politique américaine qui porte une bonne part de la responsabilité de cette situation.
Les investisseurs anticipent en effet que la politique antichinoise de l’administration Trump conduise la puissance asiatique à déverser massivement ses surplus de production chez ses voisins – à commencer par le plus gros d’entre eux, l’Indonésie et ses 280 millions d’habitants. La politique de taux très prudente de la Réserve fédérale américaine pèse aussi sur le cours de la roupie face au dollar.
Mais cela n’explique pas tout. Des facteurs internes sont largement responsables de la situation actuelle. Le nouveau gouvernement de Prabowo Subianto se prend les pieds dans son budget. Sa principale promesse de campagne en 2024 était de donner un repas gratuit à tous les écoliers et aux femmes enceintes du pays pour combattre la malnutrition. Une mesure de bon sentiment mais très lourde financièrement, estimé à près de 25 milliards d’euros pour nourrir 83 millions d’enfants. Pour ce faire, l’exécutif s’est engagé dans des programmes d’économie drastiques dans les services publics, notamment l’éducation.
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