- L’OMS a déclaré samedi une urgence internationale pour l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo.
- Une députée de Mayotte craint une propagation du virus à l’île française, alertant sur sa « très grande vulnérabilité ».
- Le risque d’importation est « théorique mais faible », nuance à TF1info Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur.
L’épidémie d’Ebola progresse en Afrique centrale et inquiète Mayotte. La députée mahoraise Estelle Youssouffa s’est alarmée dimanche 17 mai de la « très grande vulnérabilité »
de l’île française dans l’océan Indien en cas de propagation du virus qui frappe principalement la République démocratique du Congo, et pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son deuxième niveau d’alerte internationale. Le nouveau variant Bundibugyo d’Ebola, hautement létal et sans vaccin, est déjà suspecté d’avoir tué au moins 91 personnes et contaminé environ 350 personnes en RDC.
« L’entrée illégale de migrants laisse Mayotte très exposée face à ce virus mortel qui se propage très rapidement »
, a exposé Estelle Youssouffa sur Facebook, indiquant avoir alerté le gouvernement. « Les bidonvilles, les coupures d’eau et la faiblesse de notre système de santé nous placent dans un risque maximum ! »
, a poursuivi l’élue LIOT de la 1ʳᵉ circonscription de l’île, déjà durement frappée par le passage du cyclone Chido en 2024.
Il n’y a jamais eu de cas confirmé d’Ebola
Il n’y a jamais eu de cas confirmé d’Ebola
Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur
« La question de l’immigration vers Mayotte, et donc le risque d’importation d’un malade, revient régulièrement à chaque fois qu’il y a une épidémie de filovirus dans la région des Grands Lacs d’Afrique »
, expose à TF1info Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur. « Il n’y a jamais eu de cas confirmé d’Ebola »
dans le département français ultramarin, pas même lors de la précédente épidémie en 2019, précise-t-il d’emblée ; contrairement à ce qu’a affirmé dimanche la députée mahoraise Estelle Youssouffa chez nos confrères de franceinfo, où elle a appelé les autorités à « fermer la frontière »
.
Le Dr Sylvain Baize juge en outre le risque « théorique mais faible. Il faut évidemment le prendre en considération, mais il ne faut pas dramatiser ni l’exacerber.
En effet, le spécialiste affirme qu’il faut prendre en compte la durée du trajet d’un migrant depuis la région très isolée d’Ituri, la zone de guerre en RDC où se situe le foyer de cette épidémie d’Ebola. « Il faut ensuite traverser deux pays, dont le
Rwanda
ou l’
Ouganda
, qui ont fermé leurs frontières, puis prendre un bateau, ce qui prendrait des semaines. Quelqu’un qui serait malade ou en phase d’incubation aurait donc peu de chances d’arriver à Mayotte avant d’être gravement malade, voire décédé »
, développe-t-il.
En revanche, il serait possible que le malade contamine d’autres migrants qui tomberaient à leur tour malades après la période d’incubation et aboutirait in fine à l’arrivée d’une personne contaminée. Mais cela reste très hypothétique et avec une probabilité très faible de survenir.
Un « faible » risque d’importation d’Ebola à Mayotte
Le risque de transmission de la maladie à une personne qui réussit à gagner Mayotte depuis le continent existe, selon lui, mais celle-ci devrait présenter des symptômes à son arrivée sur l’île. « D’un point de vue virologique, par rapport au temps d’incubation de la maladie et à la probabilité qu’une personne contact prenne le chemin de Mayotte, je considère comme faible le risque d’importation d’un cas d’Ebola à Mayotte »
, affirme à TF1info le directeur du laboratoire spécialisé situé à Lyon.
Selon les informations de Réunion La 1ère, des infectiologues, des médecins du SAMU, des responsables de l’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion se sont réunis lundi après-midi avec les professionnels de santé de Mayotte pour discuter de la progression de l’épidémie d’Ebola face à la crainte d’importation du virus par des flux migratoires.

