L’ambition européenne en matière de transition énergétique sortira-t-elle indemne de l’onde de choc de la guerre au Moyen-Orient ? Quelles seront les conséquences de « la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de l’histoire », selon les mots de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans la lutte contre le dérèglement climatique ?
Réuni en pleine crise, le Conseil européen a réaffirmé, le 19 mars, que la transition énergétique restait « la stratégie la plus efficace » pour gagner en autonomie et faire baisser les prix du pétrole et du gaz. Il a appelé, dans ses conclusions, à accélérer le déploiement des renouvelables. Quelques jours plus tôt, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait aussi alerté sur le coût faramineux du conflit pour l’Union européenne – soit 3 milliards d’euros supplémentaires pour les importations d’hydrocarbures en dix jours – et appelé à « maintenir le cap ».
Si ces conclusions apparaissent rassurantes, les Etats membres sont en réalité profondément divisés. Leurs oppositions se sont notamment affichées au sujet du marché du carbone, à l’ordre du jour des discussions le 19 mars. Une dizaine de pays, dont l’Italie et la Pologne, souhaitent suspendre ce mécanisme, qui oblige les industries les plus polluantes à acheter des « permis à polluer » afin de les inciter à se décarboner. Ils l’accusent de renchérir les factures énergétiques. A l’inverse, un autre bloc (notamment l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal) refuse de modifier en profondeur l’instrument, estimant qu’il constitue une boussole pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Les Vingt-Sept importent 95 % de leur pétrole et près de 90 % du gaz.
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