- Affaiblis par les vents, des milliers de macareux se sont échoués sur les plages de l’Atlantique depuis le passage de la tempête Nils.
- Dans les Landes, l’association Paloume recueille du mieux qu’elle peut les animaux, mais fait face à un manque de moyens pour les soigner sur le long terme.
Suivez la couverture complète
La France sous la pluie, des crues majeures dans l’ouest
« Chaque mètre, on en trouve. »
Depuis le passage de la tempête Nils, des milliers de macareux, épuisés, se sont échoués sur les plages de l’Atlantique. Ces oiseaux, qui passent la plupart de leur temps en mer, viennent en hiver au large des côtes atlantiques pour se nourrir, mais ont été affaiblis par les vents violents. « Ces animaux-là subissent de plein fouet, essaient de lutter contre le vent pour rester en pleine mer. Au bout d’un moment, épuisés, ils se laissent porter, ils échouent sur une plage, et ils n’ont absolument aucun moyen de repartir, »
explique Gabriel Jégou, soigneur au centre de soins de l’association Paloume, dans les Landes.
Depuis le début du mois, plus de 8.000 macareux ont été retrouvés morts ou épuisés sur les plages de l’Atlantique, allant du Portugal au Finistère. La Ligue pour la protection des oiseaux avait déjà indiqué la semaine dernière que « ces épisodes d’échouages massifs font souvent suite aux tempêtes hivernales, et peuvent parfois prendre des proportions dramatiques. »
En 2014, plus de 50.000 oiseaux marins s’étaient échoués sur le littoral atlantique.
Des oiseaux affaiblis et affamés
Dans les Landes, l’association Paloume tente tant bien que mal de venir en aide aux oiseaux, amenés au centre de soins par des promeneurs qui les ont trouvés sur la plage. Cécile, une habitante du secteur, en a même fait sa mission : « J’ai réaménagé une pièce de la maison, et j’ai commencé à récupérer ceux que les gens trouvaient sur la plage. Presque chaque mètre, on en trouve, limite on marche dessus tellement il y a de morts. »
Protégés dans une boîte en carton avec des serviettes de toilette, les oiseaux sont amenés au centre de soins, où ils ne peuvent malheureusement pas tous être sauvés. Les animaux pesant moins de 250 grammes devront être euthanasiés. Pour les autres, les soigneurs tentent désormais de les maintenir en vie, ce qui passe en partie par la nourriture. « Pendant la tempête, c’est difficile d’aller chercher du poisson, ils sont obligés de contrer les vents forts. En plus, là, ils ont été vraiment très forts, ça les a poussés dans les terres. Donc on les réalimente avec une soupe très protéinée, »
explique Laura Labarthe, la directrice du centre de soins.
Au centre, les animaux sont nourris trois fois par jour, sont placés sous des lampes chauffantes et des bouillottes pour les maintenir au chaud. Mais toutes ces installations ont un coût. L’association a lancé en urgence une cagnotte pour financer les soins.
Celle-ci rassemble pour le moment plus de 15.000 euros, de l’argent qui a entre autres servi à acheter du matériel adapté pour prendre en charge les oiseaux, mais aussi de la nourriture et de quoi obtenir un groupe électrogène, puisque le centre de soins a déjà subi des coupures de courant la semaine passée.











