- Le prix du gazole a franchi un nouveau record ce vendredi en France, à 2,39 euros le litre.
- Pour soutenir les automobilistes, l’exécutif préfère des aides temporaires et ciblées, plutôt qu’une baisse générale des taxes.
- Pourtant, certains voisins européens l’ont fait, comment s’y sont-ils pris ?
Suivez la couverture complète
Le 13H
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Ce samedi matin, dans une station des Hauts-de-Seine, les prix à la pompe affichaient 2,21 euros pour le litre de sans plomb, et 2,39 euros pour le diesel. Face à cette flambée des prix du carburant, les automobilistes, rencontrés par le JT de TF1, prononcent à peu près tous la même chose : « baisser les taxes déjà, ça serait peut-être pas mal »,
lance une mère de famille dans le reportage ci-dessus.
C’est justement le choix que vient tout juste de faire notre voisin allemand. À partir du 1ᵉʳ octobre, elles vont baisser de 17 centimes par litre, soit environ 14 centimes de moins à la pompe sur un litre. Ce qui revient à 2,19 euros au lieu de 2,33 euros le sans-plomb par exemple. Une décision très attendue par le consommateur allemand. « C’est bien, c’est bien. Les taxes étaient trop élevées en Allemagne »
, reconnaît l’un d’eux. Du coup, du côté des Français proches de la frontière, le choix est vite fait. « Je ne viendrai qu’en Allemagne. Ce n’est pas très loin, depuis Strasbourg on est à 10 minutes en voiture »
, assure une étudiante. Coût estimé de la mesure pour le budget allemand : 2,5 milliards d’euros.
L’Allemagne n’est pas la seule à avoir fait ce choix. L’Italie a depuis le mois de mars baissé à plusieurs reprises les taxes sur le diesel, avec 12 centimes de réduction au litre en ce moment même en station. Au Portugal, baisse aussi de l’impôt sur les produits pétroliers, soit une vingtaine de centimes de rabais par litre à la pompe. Idem en Espagne, avec jusqu’à 30 centimes par litre de moins. Résultat, certains Français n’hésitent pas à rouler près d’une heure pour s’approvisionner jusqu’à la station espagnole d’Aragon, comme le montrait ce reportage du 20H de TF1. Un jeune homme y témoignait de la « différence notable avec la France »
. Une mesure à plus d’un milliard d’euros qui s’arrêtera tout de même à la fin du mois.
Nos voisins européens baissent les taxes sur les prix de l’énergie parce qu’ils ont plus de marge de manœuvre budgétaire.
Nos voisins européens baissent les taxes sur les prix de l’énergie parce qu’ils ont plus de marge de manœuvre budgétaire.
Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste, BDO Paris
Pourquoi la France n’applique-t-elle pas la même stratégie ? « Nos voisins européens baissent les taxes sur les prix de l’énergie parce qu’ils ont plus de marge de manœuvre budgétaire, comme par exemple l’Espagne qui a un déficit public inférieur à 3%. Nous, ce n’est pas notre cas et donc en raison de nos finances publiques, nous ne pouvons pas mettre en place le même type de mesures sur la réduction des taxes »,
explique Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste, BDO Paris. Pour le moment, le gouvernement français propose une aide ciblée de 100 euros pour les gros rouleurs, prolongée après le 1ᵉʳ octobre. Une mesure qui devrait coûter au maximum 300 millions d’euros aux finances publiques.
La rédaction de TF1info | Reportage : Tiphaine LEPROUX et Khélian YOUSFI