Soudain, le vertige. Ce 24 juin 2024, le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, répond mécaniquement aux journalistes invités à sa conférence de presse, quand la machine s’enraye. Une question cueille l’eurodéputé sur la promesse de son parti de pouvoir interdire, en cas de victoire, l’accès de certains emplois publics aux binationaux. La question n’a rien d’un piège : la mesure, exhumée par la presse deux jours auparavant, est inscrite dans le projet de révision constitutionnelle défendu depuis 2022 par le RN pour inscrire dans le marbre du droit la « priorité nationale » – clé de voûte programmatique et xénophobe des héritiers du Front national (FN).
Le président du parti d’extrême droite le confiera plus tard : son entourage ne l’ayant pas préparé sur le sujet, l’alors candidat au poste de premier ministre ne comprenait même pas le sens de la question. Aucune fiche, aucun élément de langage. Il a donc improvisé, inventant sur le tas une « liste de postes stratégiques » à protéger d’hypothétiques « ingérences » dont les binationaux seraient suspects.
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