- Le démarchage téléphonique non sollicité est officiellement interdit depuis le 11 août. Pourtant, il se poursuit avec 26.000 signalements enregistrés en un mois et demi.
- Une équipe de TF1 a cherché à comprendre pourquoi il y a encore autant d’appels indésirables.
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Le 13H
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Pourquoi toujours autant d’appels indésirables ? Pourquoi répéter toujours la même chose ? « Allô ? Non merci, je ne suis pas intéressé, au revoir »,
lance dans le reportage en tête de cet article notre journaliste avant de voir, quelques heures plus tard, un nouveau numéro s’afficher sur l’écran. « Des fois, on attend des coups de fil, on croit que c’est ça, puis on décroche, on se fait avoir. Ou c’est de l’intelligence artificielle, c’est un truc qui tourne en boucle »,
illustre encore une passante qui, malgré des parades mises en place, reçoit, elle aussi, des appels commençant par 02, 04, ou encore provenant des numéros privés.
De plus, les personnes importunées n’ont pas toujours quelqu’un de réel au bout du fil. « Mais vous avez le droit de m’appeler ? »
, demande par exemple un interlocuteur dans la vidéo ci-dessus. Question à laquelle il se voit répondre : « Génial, vous préférez être appelé le plus tôt le matin, le midi ou bien en soirée. »
Après insistance, la réponse est toujours aussi évasive ou hors de propos : « Je voudrais savoir si vous avez le droit de m’appeler ? Alors notre mission est fortement vérifiée. »
Près de 26 000 signalements en un mois
Depuis le 11 août, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est pourtant interdit, sauf si vous avez signé un contrat avec une entreprise ou si vous avez donné votre accord. Malgré cette nouvelle réglementation, le site gouvernemental Signalconso recense près de 26 000 signalements en seulement un mois pour des appels abusifs. « Est-ce que vraiment on s’est donné les moyens que ça fonctionne ? Là, j’ai encore des appels, donc est-ce qu’une loi comme ça va suffire à vraiment tout bloquer ? J’ai un peu des doutes »,
s’interroge un autre passant.
Contacté par TF1info le 11 septembre dernier, (nouvelle fenêtre) le service du ministère de l’Économie relativisait toutefois ce bilan, indiquant qu’il « est, à ce stade, trop tôt pour tirer des conclusions de ces chiffres sur le nombre d’appels reçus par les consommateurs ».
L’entrée en vigueur de la loi a en effet entraîné la suppression du service Bloctel, outil déployé en 2016 par le gouvernement permettant de s’inscrire sur une liste d’opposition à ces pratiques de démarchage et de signaler ces pratiques. Cette suppression pourrait, en partie, expliquer la flambée de ces requêtes. Le consommateur pouvait à la fois déposer un signalement pour ces appels abusifs auprès de Bloctel et de la plateforme SignalConso.
Jugé inefficace, Bloctel a été abandonné dès le 11 août et les signalements se retrouvent ainsi tous regroupés sur la plateforme SignalConso. La communication autour de cette loi au cours de l’été a pu aussi « conduire à une hausse des signalements sur SignalConso »,
ajoute la DGCCRF.
Dans le centre d’appels Iteractii à Annecy où a été tournée une partie de notre reportage, Marie travaille pour plusieurs clients. Elle peut ainsi représenter un cuisiniste, puis l’instant d’après, un opérateur de téléphonie mobile, tout en respectant la loi. « C’est le consommateur qui donne ses coordonnées, qui nous écrit et qui nous sollicite afin d’être rappelé pour pouvoir avoir un devis pour l’étude de ce projet »,
explique-t-elle.
Selon Jean-Yves Airiaud, le président du groupe, le problème vient des appels effectués par des entreprises implantées à l’étranger. « Tous ces acteurs frauduleux sont des opportunistes. Donc il faut aller redonner une règle qui soit simple. C’est que par exemple, il y a une taxe pour chacun des appels ou bien, on donne un certificat et vous n’avez pas le droit d’appeler »,
glisse ce dernier. Les entreprises fautives, qui appellent sans accord du consommateur, s’exposent à une amende pouvant atteindre 75 000 euros.

