- Mimie Mathy a reçu la journaliste Audrey Crespo-Mara dans sa maison de Vaison-la-Romaine, en Provence.
- Pour la première fois, l’interprète de Joséphine Ange Gardien a accepté de se montrer sur son fauteuil roulant, elle qui ne peut plus marcher depuis six mois.
- Dans le « Portrait de la semaine » de l’émission Sept à Huit, elle se confie sur cette nouvelle dépendance avec franchise et humour.
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Sept à huit
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Comédienne ultrapopulaire grâce au personnage de Joséphine Ange Gardien, qu’elle incarne depuis 30 ans sur TF1, c’est pourtant loin des plateaux que Mimie Mathy a traversé une nouvelle épreuve, ces derniers mois : celle du handicap moteur.
Dans sa maison de Vaison-la-Romaine, au milieu des vignes et sous le soleil de Provence, la comédienne de 69 ans se montre pour la première fois en fauteuil roulant, devant les caméras de « Sept à Huit ». « Je ne marcherai plus »
, annonce-t-elle avec philosophie, dans l’extrait vidéo en tête de cet article.
« Ça s’est un peu dégradé depuis un an, mais depuis six mois, je ne marche plus du tout »
, précise l’actrice. Elle est en effet atteinte du syndrome de la queue de cheval, qui affecte le bas de la colonne vertébrale : « J’ai été opérée quatre fois pour élargir le canal rachidien et dégager tous les nerfs qui permettent la mobilité. Petit à petit, il n’y a plus d’opérations possibles »
, explique-t-elle dans la vidéo ci-dessus.
« Je pensais que je serais plus forte que tout le monde »
Cette perte de mobilité « n’était pas une surprise »
, admet Mimie Mathy, car la mobilité des personnes de petite taille « se dégrade »
toujours au cours de leur vie. Néanmoins, « je pensais que ça viendrait un peu plus tard, je pensais que je serais plus forte que tout le monde »
, confie-t-elle.
Il a donc fallu « accepter »
cette nouvelle dépendance, ce qui ne s’est pas fait sans mal. « J’ai mis du temps à digérer, je trouvais ça injuste
« , avoue la comédienne : « Je me suis battue toute ma vie. J’ai lutté contre les préjugés qu’on avait vis-à-vis des personnes de petite taille »
, rappelle-t-elle. « Je me disais que j’avais payé ma dette à la vie. Maintenant, il me tombe ça dessus. »
Pourtant, Mimie Mathy refuse désormais de s’apitoyer sur son sort : « Je me dis que j’ai la chance d’avoir un mari qui m’aime, d’être entourée, d’avoir quelqu’un qui peut travailler avec moi à la maison, et qui peut m’aider dans tous les gestes du quotidien.
« Retrouver un équilibre de couple »
A quelques mètres de là, son compagnon, Benoît, travaille dans ses vignes. « J’ai la chance que ces parcelles soient à côté de la maison : on a une cloche à côté du four à pain, et quand Mimie a besoin de moi, elle sonne. Elle n’a même pas besoin de prendre le téléphone, j’entends et j’arrive »
, explique-t-il.
Le handicap moteur a « bien sûr »
changé beaucoup de choses dans leur vie : « Ce n’est pas si simple, mais il faut savoir s’adapter, et retrouver un équilibre de couple. Alors ça passe par des phases compliquées, des phases beaucoup plus heureuses, et puis, ensemble, on avance et on trouve. »
Depuis cette nouvelle dépendance, Mimie Mathy passe plusieurs heures par jour dans sa piscine. « En fait, j’habite dans la piscine. Je suis sortie parce que vous étiez là »
, plaisante-t-elle depuis le bassin, dans la vidéo en tête de cet article. Dans l’eau, elle est à nouveau capable de marcher, et se fixe un objectif de 400 à 500 pas par jour : « Je ne ferai pas le marathon de New York, mais je peux faire le marathon de Vaison, du moment que je suis dans une piscine »
, rit-elle.
Mais surtout, « ça me redonne un sentiment d’être debout. Je sens mon corps comme il était avant, une façon de bouger les jambes que je ne peux plus avoir sur la terre ferme. »
Une nouvelle série et un spectacle en préparation
À Vaison, l’artiste dit mener « une vie normale, sans embouteillages, sans klaxons, sans le stress parisien, avec plein de copains qui sont autour. »
En outre, ce nouveau handicap n’a pas mis fin à sa carrière : « Je n’ai pas de tournage de Joséphine prévu, pour la simple et bonne raison qu’on en a trois d’avance. Mais on est en train de développer une série où, justement, je serai une avocate qui se retrouve en fauteuil, parce qu’elle a été accidentée volontairement pour la faire taire. »
Et pour son prochain spectacle ? « Je serai en fauteuil, et j’assume le fauteuil. Et j’entre sur un bruit de Harley Davidson »
, prévient-elle, malicieuse.
La comédienne veut maintenant porter un message d’inclusion : « J’espère qu’on dira que j’ai appris aux gens à comprendre, à apprivoiser la différence »
, déclare-t-elle.
En effet, « cette deuxième différence me donne encore plus conscience du fait qu’il faut s’adapter beaucoup plus aux personnes en fauteuil, que ce soit dans les transports en commun, que ce soit dans la vie de tous les jours. »
Car, depuis quelques mois, elle a pu le constater : « Il y a encore beaucoup de boulot pour que les gens en fauteuil puissent ne plus être à mobilité réduite, mais à mobilité normale. »