Dans la cour de l’usine KNDS d’Allach, quartier de l’ouest de Munich, en Allemagne, un canon Caesar et un véhicule blindé RCH-155 trônent côte à côte. Employés en Ukraine pour pilonner les positions russes, ces deux monstres d’acier, capables de tirer des obus à plus de 40 kilomètres, sont les produits emblématiques de l’industriel franco-allemand.
Autour d’eux, un arsenal complet a été disposé : obus, munitions télé-opérées, véhicules terrestres autonomes, tourelle anti-drones, poste de commandement… En exposant sa « gamme » à la presse, jeudi 19 mars, l’industriel franco-allemand veut démontrer qu’il n’est plus seulement une manufacture d’obusiers et de blindés, comme il l’était lors de sa création, fin 2015, à la suite du rapprochement entre Nexter, le fabricant français du char Leclerc, et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann, celui du Leopard.
« On aime la défense terrestre et on ne fait que ça », rappelle Jean-Paul Alary, le directeur général de KNDS, aux commandes du groupe depuis avril 2025. Mais « nous sommes une société de technologie », insiste-t-il (8 % du chiffre d’affaires annuel est consacré à la recherche et au développement). Les drones, omniprésents sur le champ de bataille ukrainien, ont bouleversé la doctrine militaire. Le groupe s’y est donc mis : il a par exemple créé Damocles, une munition télé-opérée de courte portée, avec la PME toulousaine Delair. Un contrat a été signé en 2024 avec la direction générale de l’armement pour équiper les forces françaises. Les livraisons sont en cours.
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