Une pollution invisible, mais omniprésente : tel est le constat d’une équipe de recherche internationale qui s’est attachée à décrire l’ampleur de la contamination des écosystèmes marins par les polluants issus de l’activité humaine. Ce travail, qui repose sur l’analyse à l’échelle moléculaire de 2 315 échantillons d’eau de mer collectés dans une vingtaine de sites dans le monde, montre en substance que les composés chimiques issus des secteurs agricole, pharmaceutique et industriel persistent sous forme dissoute dans l’océan et à des taux parfois très importants – notamment dans les zones côtières.
« Cette étude nous montre qu’il reste très peu d’écosystèmes marins dans le monde où l’être humain n’a pas encore laissé d’empreinte chimique », note Daniel Petras, biochimiste à l’université de Californie à Riverside, qui a dirigé ce travail, publié lundi 16 mars dans la revue Nature Geoscience.
Plutôt que de rechercher la présence de molécules bien précises au sein des échantillons, les chercheurs ont utilisé une méthode de spectrométrie de masse non ciblée qui leur a permis de couvrir un champ assez large de composés. C’est en cela que cette étude est originale, estime Richard Sempéré, océanographe au CNRS et directeur de l’Institut des sciences de l’océan de l’université d’Aix-Marseille, qui n’a pas participé à ce travail.
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