- Isolation, ravalement, rénovation énergétique, réfection des parties communes… En copropriété, ces opérations représentent souvent plusieurs milliers d’euros à débourser pour chaque copropriétaire.
- Une étude montre qu’en assemblée générale, les copropriétaires refusent de voter un tiers de ces travaux en moyenne.
- Émilie Rosita Allain, présidente de l’Association nationale de la copropriété et des copropriétaires, ne s’en étonne pas et pointe leur coût et la charge administrative.
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Le dérèglement climatique fait grimper le coût des primes d’assurances habitation. La guerre en Iran fait bondir les prix de l’énergie : les fournisseurs d’énergie répercutent à la hausse le prix du gaz et de l’électricité. En copropriété, ces postes de dépense font mécaniquement exploser le coût des charges. Pourtant, il faut souvent rénover des immeubles vieillissants. La loi Climat et Résilience accélère les obligations de rénovation énergétique, avec notamment celle de tenir un plan pluriannuel de travaux, et pousse les copropriétaires à dépenser de grosses sommes.
Pour comprendre l’impact des travaux sur un immeuble, le syndic Matera a étudié les assemblées générales de ses 11.422 copropriétés françaises sur les trois dernières années. Ce baromètre montre que les travaux deviennent le principal sujet de débat : 10% des résolutions mises au vote concernent un projet de rénovation. Les copropriétaires rejettent près d’un projet de travaux sur trois (67%). Lorsque les résolutions ne concernent pas des travaux, les copropriétaires les approuvent très largement. Ils arbitrent davantage leurs dépenses et examinent avec une attention croissante les projets mis au vote.
Émilie Rosita Allain, présidente de l’Association nationale de la copropriété et des copropriétaires, ne se montre pas surprise par ces chiffres. Elle assure à TF1info faire la même observation : « Il y a un retrait des demandes de travaux en copropriété. Le coût devient exorbitant et la prise en charge erratique des organismes de l’État rend la mission impossible. »
Le montant moyen des travaux votés en copropriété en 2025, relevé par l’étude de Matera, atteint 9.342€. Le syndic précise qu’il grimpe de 9,5% en deux ans.
Des aides difficiles à obtenir
« Les copropriétaires ne refusent pas les travaux par principe. Ceux qui bloquent les travaux sont ceux qui ne peuvent pas les payer »
, reprend la dirigeante associative. « Ils sont devenus beaucoup plus attentifs aux montants engagés. Chaque projet doit démontrer son urgence, sa valeur ajoutée pour l’immeuble et sa cohérence économique. Les montants en jeu sont tels que chaque décision fait désormais l’objet d’un examen beaucoup plus approfondi qu’auparavant »
, renchérit dans un communiqué Antoine Serafini, Data Analyst chez Matera.
Émilie Rosita Allain tient une explication toute trouvée aux travaux non votés : « Les aides promises par les organismes de l’État n’arrivent pas toujours. De nombreux chausse-trapes invalident les dossiers faute de fonds. Au moment où vous terminez les travaux, on vous répond que l’enveloppe a été épuisée et qu’il faut attendre la prochaine. »
La responsable associative souligne des difficultés administratives et des formulaires complexes : « Impossible de demander aux syndics de faire les demandes : ça ne fait pas partie de leur prestation de base et cette usine à gaz demanderait des coûts supplémentaires impossibles à facturer. »
Elle réclame des formulaires davantage accessibles pour les copropriétaires et des aides individualisées : « Les aides collectives restent très compliquées à gérer par les syndics qui ont du mal à les redistribuer. »
Matera note également que les grandes copropriétés de 50 lots peinent à mobiliser. Le taux de participation atteint péniblement la moitié des copropriétaires (54%). Il s’agit souvent des immeubles qui ont le plus besoin de réaliser des travaux de rénovation énergétique. « Le vote par correspondance, c’est plus compliqué à gérer. Les copropriétaires manquent de réaction : ils n’utilisent pas leur pouvoir parce qu’ils ne pensaient pas participer de cette façon »
, reconnaît Émilie Rosita Allain. « Plus les copropriétaires participent aux décisions, plus les projets ont de chances d’aboutir, qu’il s’agisse de rénovation, d’entretien ou d’amélioration du bâti »
, affirme de son côté Antoine Serafini.









