Six cent cinquante pour Jordan Bardella ; sept cent cinquante pour Marine Le Pen. A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les deux têtes du Rassemblement national (RN) rivalisent de surenchère sur le nombre de listes présentées par le parti d’extrême droite. Leurs estimations sont tout aussi fausses que le « record » annoncé. Selon le recensement effectué par Le Monde, l’ex-Front national, son allié ciottiste de l’Union des droites pour la République (UDR) ou leurs adhérents (mais sans étiquette officielle) candidateront dans près de 550 villes de plus de 3 500 habitants. Moins qu’espéré. Et moins encore, dans les communes de plus de 10 000 habitants, qu’en 2014 ou 1995.
L’état-major lepéniste s’épanche moins sur ses ambitions de victoires. « Plusieurs dizaines », balaient sans risque les dirigeants interrogés. Une évidence pour un parti qui ne dirige certes que 13 communes, mais surfe sur une indéniable vague électorale – 31,37 % aux européennes et 33,2 % au premier tour des élections législatives, en 2024. Mais la perspective de la présidentielle imposerait la modestie. « On préfère avoir quelques villes vitrines pour le parti que plein de victoires qui se transformeront en taches pour la présidentielle, prévenait, dès l’été 2025, l’eurodéputé Aleksandar Nikolic, responsable des fédérations et lui-même tête de liste à Tours. L’idée est de ne pas affecter la dynamique du parti pour 2027. »
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