- Des producteurs de noix de Grenoble souhaitent en finir avec le cahier des charges qui s’impose à eux.
- Ils aimeraient pouvoir proposer des cerneaux pour séduire une autre clientèle.
- Mais mettre d’accord plus de 600 producteurs sur des questions extrêmement précises relève du casse-tête logistique.
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Le 13H
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Quand il s’agit d’acheter des noix, il y a toujours deux équipes. Ceux qui les achètent dans leur coque et ceux qui veulent du tout prêt. « Quand on les casse avec le casse-noix, on en met partout. Il y en a sur la table, il y en a sous la table. Après, il faut prendre la balayette, le balai, il faut tout nettoyer »
, lance une cliente dans le reportage du 13H ci-dessus. « C’est un petit plaisir en fait de les décortiquer. La noix dépiautée comme ça, je ne vois pas bien l’intérêt »,
estime au contraire un autre.
Les producteurs de noix de Grenoble en ont bien conscience, de cette tendance. « On se rend compte que les gens consomment de la noix en coque en avançant dans l’âge. Le cerneau est plus réservé à des consommateurs un peu plus jeunes qui veulent du prêt à l’emploi, qui ne veulent pas casser de noix »,
explique Christian Nagearaffe, président du comité interprofessionnel de la noix de Grenoble.
Sauf que depuis 1996, la noix de Grenoble détient une AOP, une appellation d’origine protégée avec un cahier des charges très strict qui impose qu’elle soit vendue dans sa coque. Alors, pour séduire des consommateurs plus jeunes, la filière veut s’affranchir au moins partiellement de ces conditions. Mais vendre des cerneaux est un casse-tête logistique puisqu’il faut mettre d’accord plus de 600 producteurs sur des questions extrêmement précises.
Des enjeux importants
« On va avoir des cerneaux entiers quand les noix vont être cassées parfaitement »,
souligne Arnaud, metteur en marché et vice-président du comité interprofessionnel de la noix de Grenoble. Et de détailler : « Comment on accepte que la noix soit cassée ? Dans quel secteur géographique ? Comment on va enlever la coquille et dans quelles conditions ? Il y a énormément de choses à faire, énormément de petits détails à penser pour pouvoir arriver à un produit parfait. »
Les enjeux sont importants, bien au-delà de la filière. Une entreprise locale, par exemple, utilise déjà des cerneaux de noix de Grenoble pour garnir l’un de ses fromages. Quand les cerneaux rentreront dans l’appellation, elle pourra mettre en avant ce petit logo si convoité. « Le fait qu’ils soient demain en AOP permettrait de mettre un peu plus en lumière ce fromage mais aussi le travail des producteurs de noix et d’accroître forcément les ventes »,
estime Emmanuel Gauchet, directeur général de la coopérative Vercors Lait. Il y a dix ans, l’Ossau-Iraty avait lui aussi vu son cahier des charges changer pour autoriser la vente en bâtonnets ou en cubes. Le défi était le même, augmenter la notoriété du produit tout en préservant la qualité et le goût.