- Tous les Français possèdent un compte bancaire. Le simple compte courant ne rapporte rien et peut même faire perdre de l’argent aux épargnants en fonction de l’inflation.
- Depuis quelques années, quelques banques en ligne proposent des comptes courants rémunérés.
- Audrey Blameble, experte banque et finance, confie à TF1Info que cette option reste un produit d’appel.
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En moyenne, en 2025, les Français ont conservé 6.617 euros sur leur compte courant, d’après le dernier rapport sur l’épargne des ménages publié par la Banque de France (nouvelle fenêtre). Cette moyenne, très supérieure à la réalité, peut paraître trompeuse : quelques comptes très bien dotés, au-dessus de 10.000 euros, la tirent largement vers le haut. La médiane se trouve plutôt autour de 1.000 euros.
Ces comptes courants, également appelés « comptes à vue » ou « comptes chèques », permettent d’effectuer des opérations courantes (retrait, virement, paiement) et de recevoir de l’argent. Lors de son ouverture, la banque vous remet un relevé d’identité bancaire (RIB) avec un IBAN, identifiant unique permettant de désigner le compte et un code BIC pour désigner la banque.
Les établissements financiers placent ces dépôts auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Aujourd’hui, le taux de la facilité des dépôts les rémunère à hauteur de 2,50%. Audrey Blameble, cofondatrice de Come2Mind Consulting, un cabinet de conseil en stratégie et organisation spécialisé dans les services financiers, rappelle à TF1info que les banques touchent des subsides sur cet argent : « Les liquidités placées sur vos comptes courants rapportent de l’argent aux banques. Plus ce taux d’intérêt de la BCE augmente, plus ces comptes rémunèrent les établissements financiers. »
Depuis une décision de la Cour de justice européenne prise en 2005, les banques ont de nouveau le droit de rémunérer les comptes courants de leurs clients. « Ces rémunérations des comptes courants demeurent confidentielles. Seules quelques banques en ligne comme Trade Republic, Bunq, Monabanq ou Revolut proposent ce service. Ces nouveaux acteurs se servent de ces produits d’appel pour se différencier et attirer de nouveaux clients »
, estime Audrey Blameble.
De nombreuses conditions
Pour accéder à ce service, les banques concernées imposent des conditions d’accès comme une limite dépôt. « Si la banque ne gagne pas d’argent, elle n’a plus d’intérêt à proposer ce service. Résultat : les offres changent tout le temps et les opérations commerciales restent limitées dans le temps », ajoute Audrey Blameble. Certaines banques versent les intérêts de manière mensuelle ou hebdomadaire. Cela peut vous intéresser si vous avez un projet immobilier imminent par exemple.
Attention, les services proposés diffèrent en fonction des banques : certaines demandent que le client ouvre un compte épargne, d’autres offrent un rendement progressif en fonction des sommes dépensées. « Certaines banques imposent aux clients un montant minimum à dépenser avec leur carte bancaire, d’autres un minimum d’opérations »
, rapporte Audrey Blameble. L’experte banque et finance rapporte que les banques s’abstiennent de livrer un taux d’intérêt net réellement perçu par les clients : « Elles communiquent beaucoup sur un taux d’intérêt brut. Mais elles appliquent une fiscalité importante : le prélèvement forfaitaire unique s’élève à 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu + 18,6% de prélèvements sociaux) sur les intérêts. Il faut ensuite ajouter ce que vous déclarez réellement aux impôts »
. Le taux de 3% proposé par les meilleurs établissements financiers se transforme en 2,1%. Avec une rémunération à 3%, il faut un solde quotidien moyen de 4.859,09 euros pour dégager 100 euros d’intérêts nets sur un an.
Audrey Blameble estime que ces offres restent intéressantes pour certains clients : « Lorsque les taux d’intérêts nets dépassent ceux des livrets réglementés, à l’image du livret A, les offres valent le coût. En revanche, elles s’adressent souvent à des clients plutôt haut de gamme. »
Souvent, les clients doivent être des cadres supérieurs avec des revenus conséquents, du patrimoine et de l’épargne. « Tout dépend si vous avez rempli vos livrets. À chacun de faire ses calculs »
, conclut la spécialiste.