- Un arrêté municipal menaçait d’interdire le naturisme sur cette plage de l’Hérault.
- Les adeptes locaux de cette pratique ont réussi à le faire annuler.
- En échange, ils ont accepté un espace réduit de moitié, alors que les élus pointent des « dérives ».
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Le 13H
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Ils ont eu très chaud, mais ils ont gagné. Sur une des plages de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), des naturistes qui, pour certains, fréquentent les lieux depuis plusieurs décennies se sont mobilisés pour défendre leur droit à la nudité, menacé par un arrêté municipal prévoyant son interdiction. Grâce à une pétition qui a réuni près de 2.400 signatures, ils ont pu obtenir son annulation.
Grignotage
Sur le sable, où les équipes du 13H se sont rendues, le sentiment d’être grignoté au fil des ans domine. « Ça fait des années et des années qu’on recule. On perd chaque fois du terrain, plus d’un kilomètre, deux ou trois, je ne sais pas exactement »
, témoigne un habitué dans le reportage visible en tête de cet article. « C’est inadmissible. On nous enlève toutes les libertés »
, s’agace une autre, lunettes vissées sur le nez.
Il y a toujours un peu de dérives.
Il y a toujours un peu de dérives.
Olivier Nogues, maire de Villeneuve-lès-Maguelone
La victoire, pour eux, est réelle, même si elle a un prix : si la plage reste naturiste, son périmètre a été divisé par deux. Un compromis que les principaux intéressés préfèrent voir comme une garantie. « Peut-être que l’espace a été réduit, mais il est garanti. Là, maintenant, ce sera officiel »
, se félicite Michel face à notre caméra.
À ses côtés, Virginie s’apprête à endosser le costume de présidente de la future association réclamée par la mairie pour formaliser l’autorégulation qui existait déjà entre habitués. « Quelqu’un qui se comporte mal, on va le voir. On fait déjà ça, tous les anciens, depuis longtemps »
, explique-t-elle. « Donc là, ça va permettre d’avoir un collectif qui sera en lien avec la mairie et veiller à ce que tout se passe bien sur la plage »
.
Mais pourquoi la municipalité cherche-t-elle à limiter l’espace accordé aux naturistes (nouvelle fenêtre) ? « La zone où il y avait cette pratique était relativement proche d’un centre de loisirs pour jeunes. Et comme toujours, il y a toujours un peu des dérives »
, justifie Olivier Nogues, maire (divers droite) de la commune, au micro de TF1.
Son adjointe, Virginie Martos-Ferrara, pointe des débordements plus prosaïques : « Parfois, il arrivait que certains naturistes sortent de la plage et se retrouvent sur la route pour prendre le petit train alors qu’ils n’avaient pas encore remis leurs habits. On s’est retrouvés avec des habitants qui ne souhaitaient plus venir sur nos plages. »
Une pratique marginale mais qui séduit les jeunes
Car si le naturisme demeure dans l’Hexagone une pratique minoritaire (nouvelle fenêtre), elle est loin d’être confidentielle. Selon une étude Ipsos réalisée pour la Fédération française de naturisme (FFN) en février 2025, un quart des 18-75 ans déclarent l’avoir déjà pratiqué au moins une fois en dehors de chez eux. L’intérêt est particulièrement marqué chez les jeunes générations : 37% des 25-34 ans et 32% des 18-24 ans disent avoir tenté l’expérience.
Mais la méfiance persiste, et elle recoupe les arguments avancés à Villeneuve-lès-Maguelone : toujours selon cette enquête, la moitié des Français redoutent que la pratique entraîne des « dérives »
. La France n’en reste pas moins la première destination naturiste mondiale, avec un secteur touristique dédié qui pèse quelque 350 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.









