- Le texte doit encore être formellement approuvé par l’ensemble des membres de l’Organisation internationale du travail.
- S’il était effectivement validé, ce serait un événement majeur.
- Il permettrait d’améliorer les conditions de travail de millions de travailleurs à travers le monde.
Un texte qui pourrait être historique. Le tout premier traité international visant à protéger les travailleurs de l’économie des plateformes numériques (nouvelle fenêtre) pourrait être adopté vendredi 12 juin, date à laquelle les membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) devraient donner leur feu vert.
Le texte concerne des millions de travailleurs à travers le monde, actifs via les plateformes numériques comme les livreurs de repas, les chauffeurs VTC ou encore les promeneurs de chiens.
Jeudi, les négociateurs se sont mis d’accord, après quasiment deux semaines de réunions de commission et une dernière nuit de discussions, sur un projet de texte pour une convention sur « le travail décent dans l’économie des plateformes ». Le document, publié sur le site de l’OIT, doit encore être formellement approuvé par l’ensemble des membres de l’agence onusienne lors d’une séance plénière vendredi, qui clôturera sa conférence annuelle.
Responsabiliser les plateformes
Ce traité « marquerait un tournant »
pour les travailleurs des plateformes, estime Lena Simet, chercheuse senior sur les questions de pauvreté et d’inégalité, auprès de la division Justice économique et droits humains de Human Rights Watch, qui a suivi les négociations à Genève. Il établirait « la première norme mondiale visant à protéger leurs droits et à responsabiliser les plateformes de travail numériques »,
ajoute-t-elle.
Selon la Banque mondiale, on comptait en 2023 jusqu’à 435 millions de personnes travaillant pour ce type d’entreprises dans le monde, échappant aux protections sociales habituelles. Les entreprises créatrices des applications contrôlent le travail de ces travailleurs indépendants via des algorithmes qui attribuent les tâches, fixent la rémunération, évaluent les performances et vont jusqu’à licencier.
Et bien qu’elles contrôlent en grande partie les tâches et la rémunération, les plateformes classent généralement les travailleurs comme des prestataires indépendants plutôt que comme des salariés. Cela leur permet, dans de nombreux cas, de ne pas tenir compte des exigences en matière de salaire minimum, de la sécurité au travail, de l’accès à la sécurité sociale etc.









