Le nombre, 211 000, est vertigineux, dans un conflit russo-ukrainien où les lignes de front n’ont guère évolué depuis trois ans, et où les principales victimes du carnage sont les soldats des deux armées. « 211 000 crimes de guerre ont été répertoriés à ce jour, sur 241 000 délits impliquant la Russie », indique Ruslan Kravchenko, le procureur général d’Ukraine, en dressant pour Le Monde, lundi 23 février, un bilan de quatre années de conflit d’un point de vue judiciaire.
La liste des crimes comporte tout l’éventail des violations du droit international humanitaire. « Assassinats, tortures, violences sexuelles, bombardements indiscriminés, pillages… » M. Kravchenko ne va pas au bout de la liste. Après enquêtes par la police, les services secrets et les enquêteurs du bureau du procureur, 800 actes d’accusation ont déjà été émis, et 240 individus ont été condamnés par contumace pour crimes de guerre par des tribunaux ukrainiens.
Si l’on est loin des 211 000 crimes répertoriés, l’Ukraine insiste pour n’attendre ni la fin de la guerre ni l’arrestation improbable des suspects. « L’intérêt des procès in absentia, que nous menons selon les normes internationales, est à la fois de rassembler les récits des victimes et témoins, de les faire vérifier et valider par la justice, alors que plus tard tel témoin pourrait être décédé, et de transformer les suspects de crimes de guerre en condamnés, en fugitifs qui n’ont plus que la Russie pour se cacher », explique M. Kravchenko.
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