- L’équipage de la mission Artemis II a dû faire face à un problème inattendu peu après le décollage.
- L’un des occupants du vaisseau Orion a alerté le Centre de contrôle pour signaler une panne au niveau des toilettes.
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« Houston, nous avons un problème »… avec les toilettes ! Peu après leur décollage, alors qu’ils étaient en orbite autour de la Terre, les astronautes de la mission Artemis II (nouvelle fenêtre) ont dû faire face à une situation inattendue qui fut, au moins pendant un temps, jugée préoccupante par les spécialistes de la Mission Control Room à Houston. L’équipage a signalé aux équipes au sol un problème affectant les toilettes spatiales qui se trouvent à bord du vaisseau spatial Orion ; ce que la Nasa appelle pompeusement l’Universal Waste Management System (UWMS), soit « Système universel de gestion des déchets » en français.
La panne touchait uniquement le système de récupération d’urine, mais n’empêchait pas la collecte des matières fécales, a indiqué un porte-parole de la Nasa au cours de la retransmission en direct. Les toilettes ont pu être remises en marche au bout de quelques heures avec l’aide des contrôleurs de vol, selon un communiqué (nouvelle fenêtre) de la Nasa, mais l’un des occupants du vaisseau a dû utiliser un urinoir de secours, comme on peut l’entendre dans les communications radio. Un astronaute demande aux équipes au sol comment procéder pour l’évacuation de la poche d’urine, relate le média en ligne Space.com (nouvelle fenêtre).
C’est pour ainsi dire la première fois que des toilettes sont installées à bord d’un vaisseau spatial pour une mission dans l’espace lointain. Pendant leur voyage, les astronautes du programme Apollo utilisaient des sacs destinés à la collecte des déchets. Ceux contenant l’urine étaient rejetés dans l’espace, tandis que ceux contenant les matières fécales étaient laissés sur la surface de la Lune, afin de réduire la masse et le risque de contamination lors du voyage retour pour revenir sur la Terre. L’installation pour Artemis se voulait un peu plus digne.
C’est le seul endroit où nous pouvons nous rendre pendant la mission et où nous avons réellement l’impression d’être seuls pendant un instant
C’est le seul endroit où nous pouvons nous rendre pendant la mission et où nous avons réellement l’impression d’être seuls pendant un instant
l’astronaute canadien Jeremy Hansen
Les cabinets high-tech qui équipent le vaisseau spatial Orion fonctionnent grâce à un système de ventilation qui aspire les déchets solides et les dirige vers un collecteur. Pour l’urine, chaque astronaute dispose d’un entonnoir personnel muni d’un ventilateur qui aspire l’urine dans un réservoir, et c’est justement cet équipement qui a connu un dysfonctionnement. L’installation prévue pour l’équipage d’Artemis se voulait un peu plus digne. Les astronautes y accèdent en soulevant une trappe située au niveau du plancher, leur offrant ainsi une certaine intimité.
« En tant qu’équipage, nous avons beaucoup de chance d’avoir des toilettes avec une porte dans ce minuscule vaisseau spatial – c’est le seul endroit où nous pouvons nous rendre pendant la mission et où nous avons réellement l’impression d’être seuls pendant un instant »
, avait déclaré l’astronaute canadien Jeremy Hansen dans une vidéo de présentation (nouvelle fenêtre). Bien que le vaisseau Orion soit plus grand que les capsules Apollo, l’espace y est tout de même restreint : son habitacle est comparable à celui d’un petit camping-car.
Les toilettes à bord font à peu près la même taille que celles d’un avion de ligne, selon Lockheed Martin, le constructeur du vaisseau spatial Orion pour la Nasa. Des barres de maintien et des sangles pour les pieds maintiennent l’astronaute lors de son passage aux toilettes. Comme la mission Artemis II ne dure que 10 jours, l’équipage évacuera quotidiennement l’urine à l’extérieur du vaisseau spatial. Les matières fécales seront stockées dans un conteneur de collecte équipé de filtres destinés à limiter les odeurs et l’accumulation de gaz. Ce conteneur sera éliminé une fois que l’équipage sera de retour sur Terre.









