En Guyane, Léon Bertrand, présent une énième fois sur la ligne de départ des élections municipales, n’est pas seulement connu pour avoir été maire pendant trente-cinq ans (1983-2018) de Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième ville de la région, député (1988-2002) et secrétaire d’Etat puis ministre du tourisme de Jacques Chirac (2002-2007). Comme plusieurs autres figures politiques locales, il a été au centre de dossiers de probité marquants.
Ses déboires judiciaires commencent en 2009, par une affaire de marchés publics truqués, passés notamment en 2003-2004 au sein de la Communauté de communes de l’Ouest guyanais, qu’il préside pendant dix-sept ans. La justice met en évidence des attributions irrégulières de marchés en échange d’avantages financiers en liquide, notamment pour le financement de ses campagnes électorales. En 2018, la Cour de cassation confirme définitivement la condamnation de M. Bertrand pour corruption passive et favoritisme à trois ans de prison ferme, 80 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité.
Un an plus tard, il est de nouveau condamné dans une affaire distincte à dix-huit mois de prison, 100 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour complicité d’abus de biens sociaux. On lui reproche cette fois d’avoir accordé, en 2008, alors qu’il présidait la Société d’économie mixte du Nord-Ouest guyanais, une prime de départ non justifiée de 887 000 euros à son directeur général.
En 2021, la cour d’appel de Cayenne prononce la confusion des deux peines. M. Bertrand ne retourne pas en prison, où il a passé au total onze mois, et purge la fin de sa sentence sous bracelet électronique. Alors qu’il avait annoncé, en 2018, après sa première condamnation, la « fin de [sa] vie d’homme politique », il a pourtant déclaré, à la mi-janvier, sa candidature aux municipales dans son fief de Saint-Laurent-du-Maroni.
Nombreuses et graves irrégularités
La justice a également sanctionné, en 2021, un autre élu de la Communauté de communes de l’Ouest guyanais, Paul Dolianki, maire depuis 2008 d’Apatou, une commune de 10 000 habitants, pour favoritisme, prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics. Le tribunal de Cayenne le condamne en 2021 à dix-huit mois de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, mettant fin de fait à son mandat. Cinq ans plus tard, il est de nouveau candidat dans sa commune.
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