- Réunis en sommet, les dirigeants européens ne sont pas parvenus, ce jeudi, à faire fléchir Viktor Orban.
- Le Premier ministre hongrois refuse de donner son aval à un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.
- Viktor Orban cherche à rallier des électeurs nationalistes, en vue des élections le 12 avril.
Il est resté inflexible. Viktor Orban a maintenu, ce jeudi lors d’un sommet européen, son refus de voter en faveur d’un prêt de 90 milliards d’euros d’aide à l’Ukraine. Avant même l’ouverture de la réunion, à Bruxelles, il avait déclaré : « La position de la Hongrie est très simple : nous aiderons l’Ukraine quand nous aurons notre pétrole. »
C’est crucial pour nous. Il s’agit d’une ressource essentielle pour sauver des vies.
C’est crucial pour nous. Il s’agit d’une ressource essentielle pour sauver des vies.
Volodymyr Zelensky
La Hongrie pose comme condition la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc traversant l’Ukraine. Celui-ci a été endommagé par des frappes russes, et Orban accuse Kiev de ralentir sa remise en état. Volodymyr Zelensky a souligné que ce prêt était « crucial ». « Il s’agit d’une ressource essentielle pour sauver des vies »,
et financer la guerre pour les deux prochaines années. Emmanuel Macron lui-même a insisté : « Nous devons mettre en œuvre le prêt à l’Ukraine »
.
In the past few days, we have received signals from the American side that talks may resume soon. But with what mindset will the Russian side come to the talks this time? It depends on all of us together to make sure the Russians do not come to these talks feeling that their… pic.twitter.com/ouC4WNdVpG — Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) March 19, 2026
Les élections en ligne de mire
L’affaire avait pourtant bien débuté : en décembre, la Hongrie avait accepté le principe de ce prêt, sans y participer, au même titre que la Slovaquie et la République tchèque. Le revirement de Viktor Orban pourrait s’expliquer par le calendrier électoral, lui qui briguera le 12 avril un cinquième mandat consécutif à la tête du pays, qu’il dirige depuis 2010. « Il utilise l’Ukraine comme une arme dans sa campagne électorale »
, a dénoncé jeudi le Premier ministre finlandais Petteri Orpo.
La position nationaliste du dirigeant hongrois, fragilisé dans les sondages, se traduit sur ses affiches de campagne qui dépeignent Zelensky de façon négative ou injurieuse. Ce prêt n’est toutefois pas vital dans l’immédiat pour l’Ukraine. Selon des sources européennes concordantes, Kiev a les moyens de se financer jusqu’en mai, après les élections hongroises. Si Viktor Orban devait les remporter, il n’aura peut-être alors plus besoin de ce veto, espère un diplomate européen.










