• L’industrie française de l’armement tire profit de la guerre au Moyen-Orient.
  • Les commandes, notamment en provenance des pays du Golfe, se multiplient ces dernières semaines.

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Moyen-Orient : tensions autour du détroit d’Ormuz, cessez-le-feu fragile au Liban

L’industrie mondiale de l’armement se porte à merveille. Le regain de tensions au Moyen-Orient (nouvelle fenêtre), qui envenime depuis fin février la géopolitique mondiale, pousse les pays du monde entier à accroître leurs réserves d’armements et d’équipements militaires. Le secteur avait déjà connu en 2025 une forte croissance, sous l’effet de l’invasion russe en Ukraine (nouvelle fenêtre) et de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas sur Israël (nouvelle fenêtre) le 7 octobre 2023. Aujourd’hui, la startup française CERBAIR, spécialisée dans la lutte anti-drones, croule sous les commandes, notamment en provenance du Moyen-Orient. 

La jeune pousse, qui compte 30 salariés, s’est retrouvée submergée par la demande dès les premières heures du conflit. 

« La cadence de production a fortement augmenté ces derniers mois », indique Lucas Le Bell, cofondateur de CERBAIR, dans la vidéo du 20H de TF1 à voir en tête de cet article. « On est passé de quelques systèmes par mois jusqu’au conflit ukrainien à plusieurs dizaines de systèmes par mois aujourd’hui », poursuit-il. La technologie tant convoitée par les États du Golfe : un appareil capable de neutraliser un drone ennemi jusqu’à 5 km. 

« La forme des demandes, c’était un appel téléphonique ou un e-mail qui établissait très clairement dès le titre : ‘demande urgente’ ; ‘Besoin de réponse dans la journée’ ; ‘On a besoin de se protéger, on se fait attaquer’ ; ‘On a besoin de tous les systèmes que vous avez aujourd’hui en stock et du maximum de votre capacité de production pour les deux prochains mois' », énumère Lucas Le Bell au micro de TF1. Et CERBAIR est tout sauf un cas isolé.

Un appareil de la startup française CERBAIR – TF1

De nombreux industriels français de l’armement sont sollicités par les pays du Golfe qui cherchent à améliorer leurs systèmes de défense. Neuf semaines après le début du conflit, combien d’armes ont été vendues ? Pour quel montant ? Les acteurs du secteur se font discrets sur le sujet, à l’exception de Thales qui a répondu à notre demande. « Nous avons constaté une prise de conscience croissante chez nos clients au Moyen-Orient (…) de la nécessité de capacités de surveillance et de défense aérienne, ainsi que de capacités de lutte contre les mines », indique le groupe français.

La France a une carte majeure, c’est qu’elle sait produire de tout et de manière indépendante

Aurélien Duchêne, consultant en géopolitique et défense

Alors que le conflit en Iran fragilise aujourd’hui plusieurs secteurs de l’économie française, celui de la défense est lui l’un des seuls à tirer son épingle du jeu, selon le consultant en géopolitique et défense Aurélien Duchêne. « La France a une carte majeure, c’est qu’elle sait produire de tout et de manière indépendante. Et pour des partenaires qui cherchent à réduire leur dépendance par rapport à l’Amérique de Donald Trump ou à la Russie de Poutine, la France a une carte à jouer aussi bien dans les pays du Golfe que dans d’autres pays comme l’Inde », souligne ce spécialiste.

Plusieurs pays arabes impliqués dans la guerre au Moyen-Orient figurent parmi les clients historiques de l’industrie française de l’armement. En 2024, les Émirats arabes unis ont acheté près de 718 millions d’euros d’armes à la France, tandis que l’Arabie saoudite et le Qatar ont dépensé respectivement 170 millions d’euros et 162 millions d’euros. Au total pour cette seule année, les pays du Proche et du Moyen-Orient ont passé plus de 2 milliards d’euros de commandes à la France et cela ne semble pas près de s’arrêter. 

Basée dans le Val-d’Oise, la société LERITY développe des systèmes de vision longue portée capables d’identifier les drones à des kilomètres. Elle n’avait encore jamais exporté d’armes au Moyen-Orient. La voici désormais en discussion avec plusieurs pays de la région. « En fait, à chaque fois qu’il y a des tensions dans un point du globe, on est contacté grâce à la particularité de ce produit. Vous avez envie de savoir si les drones que vous êtes en train de regarder sont des drones amis ou des drones menaçants », explique Eric Riyahi, le PDG de Lerity, dans la vidéo.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Francesco DEPAQUIT, Caroline BLANQUART

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