• Des propriétaires d’étangs déplorent des vols de carpes de plus en plus fréquents.
  • Ces énormes poissons doivent pourtant être immédiatement relâchés lorsqu’ils sont pêchés.
  • Leur coût peut s’élever à plusieurs milliers d’euros.

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« Ici, personne ne peut te voir. C’est sûr que c’est l’endroit idéal de l’étang où tu peux commettre ce larcin sans être embêté », constate Thierry Gretha, dans le reportage du 13H ci-dessus. Il y a quelques semaines, ce gérant de l’étang d’Altenach, dans le Haut-Rhin, a découvert « des canettes, des pochettes d’hameçons, des écailles » dans un coin reculé et boisé au bord de l’eau. « C’est là qu’on a vu qu’on s’était fait braconner », explique-t-il. L’objet du larcin : des carpes.

Depuis quelques mois, les vols de ces énormes poissons sont de plus en plus fréquemment signalés. Sur les images de l’association agréée « Le Pêcheur de Marne-la-Vallée », visibles en tête de cet article, on peut ainsi voir la carcasse d’une carpe, découverte dans le coffre d’une voiture, emballée dans un sac en plastique. Il faut dire que ces spécimens coûtent très cher : « pour des poissons de plus de 20 à 25 kilos, jusqu’à 3.000, 4.000, 5.000 euros », estime Thierry Gretha. Ce dernier s’est résolu à installer des caméras, d’une valeur de 300 euros : « Ça coûtera toujours moins cher que de racheter les poissons sans arrêt », souligne-t-il.

Jusqu’à 22.500 euros d’amende

La plupart des étangs de pêche sportive à la carpe sont payants. Plus les poissons y sont gros, plus les pêcheurs sont nombreux à venir essayer de les attraper. Mais la loi les oblige à les relâcher aussitôt, et interdit de les déplacer dans un autre plan d’eau.  Ainsi, transporter une carpe vivante dont la taille dépasse les 60 centimètres est passible de 22.500 euros d’amende.

Autour du lac du Der, en Haute-Marne, les garde-pêche de l’UFAPPMA opèrent des contrôles des pêcheurs installés au bord de l’eau. Une précaution que comprend parfaitement Wolfgang Popov, pêcheur allemand qui a payé pour un poste de pêche à la semaine : « Pas besoin de débattre ou d’argumenter, c’est irresponsable. Dans la plupart des cas, si vous attrapez un poisson dans un lac pour le déplacer dans un autre, il mourra rapidement. »

Des carpes équipées de puces électroniques

La surveillance est toutefois plus difficile dans certains endroits de ce lac de 3.500 hectares. Depuis son bateau, Christian Thieffry, garde-pêche au lac du Der-Chantecoq, a repéré deux pêcheurs dans un coin isolé et décide de les contrôler. L’un d’entre eux, mineur, n’a pas de permis, et écope d’un avertissement : « On va le rentrer dans notre base de données et on lui expliquera que s’il récidive, il y aura PV », assure Christian Thieffry.

Certains propriétaires d’étangs vont plus loin pour lutter contre le braconnage : à Saint-Dizier (Haute-Marne), dans le domaine des étangs de la Ballastière, toutes les carpes qui sont pêchées se voient désormais implanter une puce électronique, comme le montre le reportage en tête de cet article : « Avec cette seringue, on a injecté une puce qui est reliée à un QR code », explique David Maigrot, garde-pêche du domaine. Ce dispositif, d’un coût d’environ cinq euros par poisson, doit permettre de « suivre un peu le cheptel, voir l’évolution, la mortalité, et bien sûr le vol. »

IM | Reportage : Samuel CARDON et Agathe CRUNCHANT

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