- Des voleurs ont dérobé 300 kilogrammes de légumes directement sur les plantes, dans une exploitation maraîchère à Avignon, dans le Vaucluse.
- Pour ces faits, les malfaiteurs encourent jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.
- TF1 a rencontré l’agriculteur victime du vol.
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Le 20H
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Il ne s’agit pas d’un simple chapardage. Dans le Vaucluse, à Avignon, 300 kilogrammes de légumes ont été volés dans une exploitation, directement sur les plantes. Ces produits maraîchers pourraient ensuite être revendus illégalement sur les marchés ou les bords de route.
Sous les serres, à l’abri des regards, les plants de tomates, courgettes et aubergines ont été méthodiquement passés au crible. « On est arrivés un matin de récolte et puis il n’y avait plus rien
« , explique Dominique Garcin, le maraîcher victime du vol. La perte pour l’agriculteur est estimée entre 300 et 600 euros.
« Il n’y avait plus de marchandises à vendre. Vous avez des clients et pas de marchandises
« , déplore-t-il, consterné. Pour lui, il n’y a aucun doute : les voleurs étaient organisés et maîtrisaient parfaitement l’art de la récolte de fruits et légumes. « Vu la qualité de la récolte, si vous voulez, les petits fruits sont toujours là, les fruits abîmés sont toujours là. Ils ne prennent que ce qui est commercialisable
« , détaille Dominique Garcin dans le reportage en tête de cet article.
Aucune plainte déposée
Pour ces faits, les malfaiteurs encourent jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende, mais l’agriculteur n’a pas porté plainte. « Par expérience, à chaque fois que nous avons porté plainte, les plaintes reviennent quelques mois après classées sans suite. On est désabusés, on se sent abandonnés
« , confie le maraîcher.
Dominique Garcin réfléchit à sécuriser davantage son exploitation, mais il est difficile financièrement de couvrir 11 hectares avec des caméras de surveillance.
Du côté des vendeurs, pour éviter de retrouver des légumes volés sur leurs étals, certains prennent des précautions et suivent précisément la provenance de leurs produits. Derrière son étal du marché de Salon-de-Provence, Frédéric Polycarpe empile les cagettes de légumes de saison. « Sur chaque caisse, vous avez la traçabilité du produit. Là, vous voyez, c’est un produit qui vient de Sarrians, de madame Christiane. Chaque caisse est étiquetée, c’est la traçabilité du produit
« , montre-t-il aux équipes de TF1.
Impossible pour les clients de savoir
Mais pour les consommateurs, il est presque impossible de repérer un fruit ou un légume dérobé. « Est-ce que vous vous posez la question, en voyant ces tomates sur l’étal, de savoir si elles ont été volées ?
« , demande le journaliste aux clients du marché.
« Jamais, sincèrement, jamais
« , répond, étonnée, une dame.
« On ne peut pas savoir, il n’y a pas de numéro de série, il n’y a rien dessus. C’est impossible pour moi de savoir
« , avoue un homme. « On fait confiance quand même aux producteurs ou aux paysans qui nous vendent les légumes
« , affirme un autre client au micro de TF1.
Qui se cache derrière ces vols de fruits et légumes ? À qui sont-ils revendus ? Pour les autorités, il est très difficile de remonter les filières, car rien ne différencie un légume volé d’un autre.
La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Tristan VARTANIAN, Coline DAVID

