- La retraite progressive, qui permet de toucher une partie de sa pension tout en continuant de travailler à temps partiel, attire de plus en plus de Français.
- Des bénéficiaires expliquent les avantages et inconvénients auprès de TF1.
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Le 20H
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Ne vous méprenez pas, Éric Lalanne, qui s’amuse à faire un tour de prestidigitation devant notre caméra, n’est pas magicien. À tout juste 60 ans, il est en retraite progressive, et a simplement plus de temps à consacrer à cette passion, ainsi qu’à beaucoup d’autres. « Du sport, des balades, aller danser avec ma chérie, faire un peu de potager
, résume-t-il dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Et puis surtout m’occuper de mes petits-enfants
« . Directeur commercial à Montpellier, il ne travaille plus que trois jours par semaine. Une manière pour lui de se préparer en douceur à la retraite d’ici trois ans. « D’avoir moins de temps à travailler, quelque part, il y a beaucoup plus de plaisir, on retrouve cette dimension de plaisir
, confie-t-il. J’envisage aussi peut-être dans un an, deux ans, de passer à un deux cinquièmes
« .
Si Éric Lalanne arrive à se projeter, c’est parce qu’il va continuer de percevoir chaque mois une partie de son salaire, mais aussi un pourcentage de sa future retraite. Comment bénéficier de ce dispositif ? Comme lui, il faut être âgé d’au minimum 60 ans, justifier d’au moins 150 trimestres, tous régimes confondus, et que votre employeur accepte que vous passiez à temps partiel. Cette retraite progressive a aussi des avantages pour les entreprises. « La bonne nouvelle pour nous, c’est que ça va se faire progressivement plutôt qu’un arrêt brutal dans trois ans
, commente Étienne Rietzler, directeur général de l’entreprise Acelys services numériques qui emploie Éric Lalanne. Ça nous permet de prendre le temps d’organiser la transition, et c’est probablement beaucoup plus sécurisant
« .
Gare aux conséquences sur le montant final de la pension
Aujourd’hui à la retraite, Sylvie Delahodde a elle aussi bénéficié de ce dispositif. « J’avais choisi de travailler quatre jours et d’être en repos le vendredi
« , indique-t-elle. Mais avant de profiter de ce jour de repos en plus, elle a vérifié qu’elle gagnerait assez pour valider ses quatre trimestres annuels : ils sont nécessaires pour continuer à cotiser pour la retraite définitive. Celle qui était gestionnaire dans l’immobilier commercial a aussi évalué ses pertes de revenus. Pendant sa retraite progressive, elle gagnait 460 euros brut de moins par mois. « J’ai remarqué que j’avais une baisse de revenus
, souligne-t-elle. Je percevais 80% de salaire de la part de mon employeur, et de la part des caisses de retraite 20% de pension, une pension n’étant jamais l’équivalent d’un salaire, qu’on se le dise
« . Moins de revenus certes, mais pas de quoi l’empêcher de voyager pendant cette période.
Autre point de vigilance, votre retraite définitive pourrait aussi être inférieure à celle que vous auriez dû toucher, car en travaillant à temps partiel, vous cotiserez moins. « Plus mon temps partiel est important, plus je vais perdre de droits à la retraite, et plus mon temps partiel va durer longtemps, plus je vais perdre en retraite définitive
, explique Valérie Batigne, fondatrice et présidente du cabinet de conseil en retraite Sapiendo. Et autre chose à vérifier, c’est est-ce que mon employeur va surcotiser et donc compléter mes cotisations retraite ?
»
Selon des chiffres récemment publiés dans une note de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, 66.800 personnes bénéficiaient en France d’une retraite progressive dans le régime général à la mi-2026, contre 34.800 un an plus tôt. Un nombre qui a quasiment doublé, donc, même si le choix de ce dispositif reste encore relativement marginal comparé au nombre total de retraités.









