- Selon le député de la Martinique Jiovanny William, le prix des billets d’avion entre la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer a augmenté de plus de 45% depuis 2019.
- Pour juguler cette hausse, le parlementaire suggère notamment de réaménager la taxe de solidarité sur les liaisons concernées.
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Faire baisser le prix des billets d’avion entre la métropole et les Outre-mer : c’est l’objectif des 14 recommandations formulées par le député Jiovanny William. Missionné sur le sujet par le Premier ministre, l’élu socialiste de la Martinique a calculé que les prix ont explosé ces dernières années – à hauteur de 45% depuis 2019.
Les compagnies aériennes ne pratiquent pourtant pas de « surmarges »
, a affirmé le parlementaire, estimant que le tarif est « structurellement comparable »
au kilomètre à celui des autres long-courriers, et rappelant que la concurrence existe sur la plupart des lignes.
La taxe de solidarité au cœur des débats
La hausse constante des prix est « très largement imputable »
aux coûts, d’abord au kérosène, a analysé Jiovanny William. En revanche, il est possible de jouer sur la taxe de solidarité, dite « taxe Chirac ». Cette dernière est passée de 2,63 à 7,40 euros par passager entre 2022 et 2026 sur les vols Hexagone-Outre-mer, soit +181%.
Depuis le 1ᵉʳ juin, une ristourne a été décidée sur les lignes sous obligation de service public, mais cette mesure ne concerne pas les Outre-mer. De ce fait, il a préconisé dans son rapport d’examiner « une fourchette pour le montant de la taxe de solidarité, compatible avec la réglementation européenne »
. Cette taxe « pèse des millions d’euros sur les compagnies et un battement de papillon en Europe, chez nous, c’est un raz-de-marée dans les Outre-mer »
, plaide le député.
Parmi les autres solutions envisagées figurent la création d’un « cadre juridique spécifique »
pour le « yield management »
, c’est-à-dire l’ajustement des tarifs selon le remplissage des avions, l’ouverture aux classes moyennes des aides à la mobilité réservées aux personnes défavorisées, la garantie d’un quota de sièges au tarif le plus bas via l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité (LADOM). Enfin, l’élu appartenant au groupe socialiste a expliqué vouloir obliger les compagnies aériennes, qui opposent jusque-là le « secret des affaires », à fournir leurs données de coûts et de prix et conditionner la défiscalisation de leurs investissements à un « contrat de régulation des prix des billets »
.