- Un ancien professeur de sport et responsable associatif s’était rendu au commissariat de Vesoul mardi, après avoir été piégé en ligne par un vidéaste.
- Il avait tenu des propos à caractère sexuel lors d’une conversation avec une fausse adolescente, générée par IA par ce streamer qui traque les « prédateurs » sur Internet.
- Le suspect, déjà condamné pour détention d’images pédopornographiques en 2025, a été mis en examen jeudi et placé en détention provisoire.
L’enquête s’accélère dans l’affaire de l’ancien professeur de sport piégé sur Internet par un vidéaste traquant les pédocriminels (nouvelle fenêtre). Le suspect, qui s’était rendu mardi au commissariat de Vesoul, a été placé en détention provisoire et mis en examen, a annoncé jeudi 14 mai le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt.
Ce retraité âgé de 66 ans, déjà condamné en 2025 pour détention d’images pédopornographiques, a été mis en examen pour « fabrication et diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur »
et « propositions sexuelles faites à un mineur (de moins) de quinze ans par un majeur »
. Son matériel informatique a été saisi pour être analysé par la police.
« Et alors ? » : un échange glaçant enregistré et diffusé en ligne
Il s’était rendu au commissariat de Vesoul après avoir été piégé par Finnyzyy, un streamer s’étant fait la spécialité de repérer les « prédateurs »
sur Internet. Le vidéaste avait déguisé sa voix et son apparence à l’aide d’une intelligence artificielle pour se faire passer pour une adolescente de 14 ans. Lors de leur conversation d’une trentaine de minutes, diffusée en direct lundi soir, l’ancien professeur et responsable associatif a fait des avances répétées (nouvelle fenêtre) à la fausse adolescente, en lui faisant miroiter une invitation à aller voir un match du PSG.
Il l’a notamment décrite comme « une jolie jeune fille »
, et au fil de la discussion, lui a réclamé des « nudes »
, des photos dénudées. Le sexagénaire lui a également suggéré de « s’embrasser »
et lui a proposé de lui montrer son sexe. Sous les traits de la fausse jeune fille, l’internaute a alors rétorqué « j’ai 14 ans »
(nouvelle fenêtre). « Et alors ? »
, a répondu son interlocuteur du tac au tac. La conversation a été « enregistrée et diffusée sur le réseau social TikTok »
, indique le parquet. Le visage du suspect, bien que flouté, est identifiable à plusieurs reprises dans la vidéo, devenue virale dans la foulée de sa diffusion.
En janvier 2025, cet ancien responsable associatif avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour détention et diffusion d’images pédopornographiques. Il avait cependant été relaxé des faits d’agressions sexuelles et corruption de mineur pour lesquels il était également poursuivi. Sa condamnation comporte toutefois l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs, précise le procureur.









