- Près d’un adulte sur huit et un jeune sur quatre déclarent ne pas toujours manger à leur faim en France, révèle une étude OpinionWay pour Action contre la Faim, publiée lundi 12 octobre.
- Par ailleurs, plus d’un tiers des Français sont contraints de renoncer à certains aliments.
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À quelques jours seulement de la Journée mondiale de l’alimentation (16 octobre), Action contre la Faim tire la sonnette d’alarme. Selon un sondage OpinionWay* réalisé pour l’association et publié lundi 12 octobre, 13% des adultes français déclarent « manquer parfois ou souvent de nourriture »
, ce qui traduit une « insuffisance alimentaire quantitative »
. En comparant ce chiffre avec les données de l’Insee, cela représente environ 6,9 millions d’adultes en métropole – et 7,2 millions de personnes en comptant les territoires d’outre-mer -, une « estimation vraisemblablement sous-évaluée compte tenu des conditions socio-économiques et des taux de pauvreté plus défavorables dans ces territoires »
. De même, 25% des 18-24 ans, soit un jeune adulte sur quatre, déclarent ne pas toujours manger à leur faim.
Les Français (très) favorables à une loi garantissant le droit à l’alimentation
Par ailleurs, l’institut de sondage révèle que plus d’un tiers des Français (39%) ont suffisamment à manger mais doivent renoncer à certains aliments qu’ils souhaiteraient consommer (viande, poisson, produits frais…). Il s’agit, en l’espèce, d’insuffisance alimentaire qualitative. Là encore, les jeunes sont davantage touchés : cette proportion atteint 47% chez les 18-24 ans. La cause de ces choix, qui n’en sont pas vraiment car contraints, est très souvent à chercher du côté du portefeuille : 80% des interrogés invoquent des raisons financières.
Face à cette conjoncture très difficile, 86% des individus sollicités jugent importante ou primordiale l’adoption d’une loi garantissant l’accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie. De même, 73% des Français estiment que le droit à l’alimentation n’est pas réellement garanti dans le pays.
Cette situation s’inscrit dans une situation mondiale qui ne cesse de se dégrader. L’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) a, par exemple, enregistré sa première hausse depuis sa création en 2010, portant à 1,2 milliard le nombre de personnes concernées en 2026. Pas moins de 51,5 millions de personnes supplémentaires se trouvent en situation de pauvreté « aiguë »
par rapport à l’année précédente. « Derrière ces chiffres se cachent 1,2 milliard de personnes confrontées à des difficultés qui constituent un cercle vicieux : la faim, la déscolarisation et le manque d’accès à l’eau potable ou à l’électricité »
, avertit lundi l’administrateur du PNUD, Alexander de Croo.
*Sondage OpinionWay pour Action contre la Faim, réalisé en ligne du 26 au 28 août 2026 auprès d’un échantillon de 1.053 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d’agglomération et région de résidence).