- Six mois après la fin de sa tournée triomphale, Billie Eilish en dévoile la captation en 3D réalisée en collaboration avec le réalisateur de légende de la saga « Avatar ».
- Ce film de concert étonnamment intime dresse en creux le portrait d’une chanteuse, dont la musique s’est imposée comme une catharsis pour ses fans.
- Ne tardez pas, les rares séances ne sont programmées que deux jours cette semaine.
L’association est aussi inattendue que réussie. Billie Eilish ne pensait pas travailler un jour avec James Cameron. Et il faut avouer que nous non plus. Alors qu’il apportait les dernières touches à son Avatar 3
, le cinéaste triplement oscarisé a soumis l’idée de filmer la tournée de la chanteuse américaine en 3D. Le point de départ d’une « collaboration créative parfaite »
, selon le Canadien qui a mis sa technique et son sens du storytelling au service de l’univers de la musicienne, créditée comme co-réalisatrice de ce Hit Me Hard and Soft : The Tour Live 3D
qui emporte tout sur son passage.
Des coulisses émouvantes
Sa première qualité ? L’immersion totale qu’il offre aux spectateurs depuis leur fauteuil, qu’ils aient ou non assisté à l’un des 106 concerts donnés par Billie Eilish de septembre 2024 à novembre 2025 à travers le monde. James Cameron a assisté au show en Australie avant de placer ses caméras, pour certaines équipées d’une technologie inédite développée par ses équipes, à la Co-op Live de Manchester, en Angleterre. La 3D renforce l’impression d’y être, un plan depuis la foule en chassant un autre au plus près de la star de 24 ans.
Billie Eilish explique à l’écran qu’elle veut « envelopper le public »
avec chacune des chansons. C’est vrai que cette expérience de ciné-concert est à l’image de son titre et frappe aussi fort qu’elle agit comme une douce caresse. Le film s’articule autour du déroulé de la journée, de l’installation de cette vaste scène centrale aux derniers échauffements avant de s’y produire. Au-delà de la captation pure, ce sont toutes les séquences hors scène, faisant le lien entre ses différents tubes, qui résonnent tout particulièrement. Les coulisses de la conception de la tournée viennent appuyer la vision artistique de la jeune femme qui pense tout son univers depuis ses 16 ans et est sa propre coiffeuse-maquilleuse en tournée.
Une billetterie déjà record
Ses admirateurs prendront sans doute bonne note de ses secrets pour un trait d’eye-liner parfait. Les yeux s’embuent en découvrant les témoignages de ses fans louant le pouvoir cathartique de sa musique. « Elle m’a guérie »
, dit l’une d’entre elles. Intervieweur hors pair, James Cameron parvient à extraire de Billie Eilish des mots rares sur cet impact auprès des plus jeunes, mais aussi sur la manière dont elle vit sa féminité et le body-shaming dont elle a longtemps été la cible.
Souvent plus proche du documentaire que du simple film de concert, ce Hit Me Hard and Soft : The Tour Live 3D
a plus d’âme que bien des biopics musicaux sortis en salles récemment. En témoigne le silence presque religieux de la grande salle du Grand Rex lors de l’avant-première, seulement interrompu par des salves d’applaudissements à la fin de chaque chanson. Ou quand Billie Eilish rappelle sa volonté de voir son public vivre comme il l’entend.
Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce formidable projet, c’est son exploitation a minima
au cinéma. Des séances sont programmées uniquement ce jeudi 7 et ce dimanche 10 mai. À 3 jours de sa sortie en salles, déjà plus de 48 000 places ont trouvé preneurs. « C’est déjà plus que les ventes réalisées pour toute l’exploitation au cinéma des concerts de Beyoncé (37.354 places vendues), du dernier film concert de Taylor Swift (
The Official Release Party of a Showgirl – 41.252 places vendues) ou encore ceux de Coldplay (32.781 places vendues) ou Orelsan (34.923 places vendues) »
, se félicite le studio Paramount. Fans ou pas, n’hésitez pas !

