Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé, mercredi 11 mars, en conseil des ministres, à « ne pas céder aux mesures aussi démagogues qu’inutiles » pour contrer la hausse des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, comme la baisse de la TVA réclamée par le Rassemblement national (RN).
Ces mesures « seraient non seulement inefficaces pour le prix à la pompe, mais aussi catastrophiques pour nos finances publiques. Ce que les Français finissent toujours par payer en impôts… L’échec du précédent de baisse de la TVA sur les carburants en Pologne en 2022 était pourtant édifiant », a déclaré le chef du gouvernement, selon des propos rapportés à l’Agence France-Presse par son entourage.
Marine Le Pen a été la première à prôner une réduction de la TVA sur les carburants, le fioul et le gaz de 20 % à 5,5 %. Une baisse des taxes soutenue depuis des années par le RN et évaluée à 17 milliards d’euros par le gouvernement. De son côté, La France insoumise a appelé à un blocage des prix à la pompe. Des propositions « politiciennes » pour la ministre déléguée à l’énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a exhorté les oppositions, mardi, sur France 2, « à faire preuve d’un peu de solidarité nationale ».
Eviter les « hausses abusives des prix à la pompe »
Le premier ministre a également demandé aux membres du gouvernement de lui faire des « propositions pour mieux protéger les consommateurs des fortes volatilités des prix ». Il a ainsi proposé d’expertiser « des mesures réglementaires de “plafonnement des marges” ou des “mécanismes permettant de lisser les hausses et les baisses des prix des carburants” ». Le gouvernement reste également prêt, « si la crise devait durer, à faire évoluer les dispositions déjà prises pour protéger les Français », a-t-il ajouté.
Cette fois-ci, le gouvernement n’envisage pas de mettre en place un « bouclier » similaire à celui constitué en 2021-2022, lorsque la forte reprise économique post-Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie avaient fait s’envoler les prix de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers. Depuis ce plan massif, la dégradation des comptes publics a fortement réduit les marges de manœuvre budgétaires de l’exécutif.
Le premier ministre avait annoncé dimanche « un plan exceptionnel de 500 contrôles » pendant trois jours dans les stations-service pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe », et ces derniers « vont se poursuivre », selon des propos du premier ministre rapportés par son entourage mercredi.
Le chef du gouvernement va réunir les partis politiques à partir de 15 heures à Matignon pour les informer de « l’état de la menace et du positionnement de la France » face à la guerre au Moyen-Orient. Mardi, une réunion des ministres de l’Energie du G7 avait été organisée au lendemain d’un G7 Finances sur le même sujet.








