- Les pêcheurs ont symboliquement bloqué plusieurs ports à travers la France ces dernières heures.
- Des actions qui témoignent de la détresse de la profession en cette rentrée.
- Coût du carburant, restrictions de pêche et normes administratives… Explications.
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Fos-sur-Mer, Sète, Frontignan… Les blocages de plusieurs ports à travers la France ces derniers jours témoignent du ras-le-bol, sinon de la détresse des pêcheurs en cette rentrée. Hausse du prix du carburant, restrictions européennes, multiplication des normes… TF1info vous explique le pourquoi du comment d’une colère à laquelle le gouvernement peine à répondre pour le moment.
La flambée du prix du diesel
Depuis le blocage du détroit d’Ormuz, le coût du diesel pêche dépasse régulièrement les 1 euro par litre, contre 0,65 euro par litre jusqu’au printemps dernier. Malgré une aide gouvernementale de 20 centimes par litre, le poste carburant est passé de 30% à 75% des charges d’une journée de pêche, d’après les professionnels interrogés par nos confrères de Ouest-France
. Une hausse qui absorbe la quasi-totalité des recettes des ventes de poisson.
Les restrictions liées à Westmed
Acronyme du plan européen de gestion des pêches en Méditerranée occidentale, WestMed cristallise une partie de la colère actuelle des pêcheurs qui sont contraints de respecter des quotas bien précis. Adopté par l’UE en 2019, il concerne notamment la France, l’Espagne et l’Italie et vise à reconstituer les stocks de certains poissons. Entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025, une deuxième phase a limité le nombre de jours en mer des chalutiers. Avant Westmed, ces derniers sortaient jusqu’à 240 jours par an, un chiffre tombé à 164 en 2023. Le plan européen restreint également les zones de pêche autorisées et impose des contraintes techniques pour limiter les captures accidentelles de petits poissons.
La multiplication des normes
Au-delà des restrictions, les pêcheurs dénoncent une accumulation de normes à la fois contraignantes et coûteuses. Depuis le début de l’année, l’obligation de pouvoir suivre électroniquement les navires professionnels a ainsi été étendue aux embarcations de moins de 12 mètres, entraînant des frais supplémentaires pour leurs propriétaires. L’UE a également renforcé les règles de pesée, d’enregistrement et de traçabilité du poisson, des informations contenues dans un journal de pêche en ligne qui doit être renseigné de manière systématique, au risque de sanctions.
La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, un volume quasi stable (+1%) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.