- La trêve qui a permis l’évacuation d’habitants d’Olechky, ville occupée par la Russie dans le sud de l’Ukraine, doit prendre fin ce dimanche soir.
- Un répit exceptionnel, mais circonscrit, alors que Kiev et Moscou poursuivent par ailleurs leurs frappes.
- Une équipe de TF1 a exceptionnellement pu se rendre sur place.
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Guerre en Ukraine : des exactions au cœur du conflit
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Encadrés par l’armée russe, les journalistes de TF1 entrent en Ukraine annexée. Direction la ville d’Olechky. Pour la première fois, quelques médias étrangers sont autorisés à y accéder. Ils suivent un convoi humanitaire. Il doit permettre l’évacuation des derniers habitants. Sur la route, ils découvrent des villages détruits. À l’entrée de la ville, une image les saisit, celle d’immeubles bombardés, calcinés. Sur l’autoroute qui borde les faubourgs, plus aucune voiture ne passe, seuls des militaires russes montent la garde. Olechky est réduite au silence.
On était pris au piège avec les combats. Je ne pouvais pas partir alors que ma maison a brûlé.
On était pris au piège avec les combats. Je ne pouvais pas partir alors que ma maison a brûlé.
Gennady, un habitant
Pourtant, c’est bien là que vivent encore près de 2.000 Ukrainiens. Ils étaient 24.000 avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « Tout autour de nous, des centaines d’habitants ont préparé leurs affaires, leurs sacs, tout ce qu’il faut pour pouvoir quitter les lieux grâce à ce cessez-le-feu humanitaire »,
indique Charles Diwo, l’envoyé spécial de TF1, dans le reportage ci-dessus. Au milieu de la foule, Gennady espère pouvoir partir. Cela fait des mois qu’il attend. « On était pris au piège avec les combats. Je ne pouvais pas partir alors que ma maison a brûlé. Je suis heureux de pouvoir enfin quitter la ville »,
dit-il.
Un peu plus loin, une longue file d’attente se dresse devant eux. C’est ici que les habitants peuvent enfin se nourrir. Voilà des semaines qu’ils ne mangent plus à leur faim. « Il n’y a plus de nourriture, plus d’eau, de produits d’hygiène. On vit sans gaz »
, se lamente une vieille dame. Son voisin affirme, lui, avoir fait 25 kilomètres à vélo pour trouver un magasin. « J’ai rapporté 100 kilos de nourriture en traversant une route minée »
, précise-t-il. En arpentant la ville, certains expliquent même avoir dû se nourrir d’herbes, de peur de sortir de chez eux. Une détresse que l’on retrouve sur tous les visages marqués par la fatigue, l’usure. Celle d’être pris au piège d’une guerre qui se déroule à seulement 5 kilomètres.
Des commissaires aux droits de l’homme des deux pays travaillent ensemble
Face à l’urgence humanitaire, une évacuation inédite a été mise en place conjointement par l’Ukraine et la Russie. Et image rare : des commissaires aux droits de l’homme des deux pays travaillent ensemble, côte à côte. « C’est mon peuple. Je vais tout faire pour m’assurer qu’il survive »,
lâche Dmytro Lubinets, commissaire de l’Ukraine. « En tant que militant des droits de l’homme, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les droits des personnes et organiser des missions humanitaires »,
renchérit Iana Lantratova, commissaire de la Fédération de Russie.
« Pour organiser les évacuations, chaque habitant s’est vu donner un numéro. Car en réalité, les troupes russes ont depuis deux jours fait du porte-à-porte en posant une question aux habitants restants : voulez-vous quitter les lieux pour partir en Russie ou pour partir en Ukraine non occupée ? »
, explique Charles Diwo. Vingt bus ont été spécialement affrétés. Certains prendront la direction de la Russie. Dans l’un d’eux, une personne âgée tient à témoigner son désarroi : « Rendez-vous compte, je quitte l’endroit où j’ai toujours vécu et je peux emporter juste un sac ».
D’autres font le choix de rester. À l’image de cette mère qui embrasse une dernière fois son fils avant le départ, sans savoir s’ils se reverront un jour.
La rédaction de TF1info | Reportage : Charles DIWO et Gilles PARROT