- Situées dans l’océan Indien, les îles Chagos étaient censées être restituées à Maurice par le Royaume-Uni.
- Londres met ce processus en suspens, en raison de divergences avec les États-Unis.
- Cet archipel au centre de l’Océan Indien revêt un caractère stratégique puisqu’il accueille une base militaire américano-britannique.
Faute du « soutien »
du président américain, le Royaume-Uni annonce qu’il va suspendre son projet de restitution des îles Chagos à l’île Maurice. Downing Street précise toutefois ce samedi 11 avril que les « discussions »
avec la Maison Blanche et Maurice sur le sujet se poursuivent, malgré les blocages.
« Nous continuons de penser que cet accord est la meilleure façon de protéger l’avenir à long terme de la base
(militaire anglo-américaine de Diego Garcia, ndlr), mais nous avons toujours dit que nous n’irions de l’avant que s’il bénéficie du soutien des États-Unis »
, a déclaré un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer. Ce projet de loi allait arriver à échéance au Parlement, rendant son adoption peu probable.
Une base stratégique lors de plusieurs conflits
Selon les termes d’un accord signé en mai 2025, le Royaume-Uni doit restituer à Maurice les Chagos, situées au cœur de l’océan Indien. Il est toutefois prévu que soit conservé un bail de 99 ans sur l’île principale, Diego Garcia, afin de maintenir une base militaire américano-britannique dans cette région stratégique.
Mobilisé sur ce dossier, Donald Trump avait initialement donné son feu vert à l’accord. En janvier, il avait toutefois fustigé ce qu’il avait qualifié de « grande stupidité »
de Londres à propos de cette entente, devenue une source de tensions entre les deux pays. « Diego Garcia est un atout militaire stratégique essentiel tant pour le Royaume-Uni que pour les États-Unis. Garantir sa sécurité opérationnelle à long terme est et restera notre priorité – c’est là la raison même de cet accord »
, a réagi ce week-end un porte-parole de Downing Street.
Au cours de l’histoire, cette base fut d’une importance stratégique considérable pour le Royaume-Uni et les États-Unis. Pendant la guerre froide, elle a notamment joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak (1990-1991, 2003-2011) et dans les bombardements américains en Afghanistan en 2001. Au moment de l’accord, le Premier ministre Keir Starmer avait martelé qu’il n’y avait pas d’« autre alternative »
et qu’il s’agissait du « seul moyen de maintenir la base à long terme ».









