- Lors du 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort, Emmanuel Macron a mis en garde contre les appels à restaurer la peine capitale.
- Selon un récent sondage, plus de deux tiers des Français se disent favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour certains crimes.
- Mais le président de la République a rappelé mardi que la peine de mort « ne dissuade pas ».
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Une bataille qui n’est pas acquise, pourtant 45 ans après l’abolition de la peine de mort. Emmanuel Macron a mis en garde mardi contre le « retour »
du débat sur la peine de mort en France, à l’occasion du 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort à Paris.
« La bataille pour l’abolition (..) est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient »
, a déclaré le chef de l’État. « Parce qu’aujourd’hui, dans notre société, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse dans une confusion et des principes et du langage. »
Le président de la République a estimé que « beaucoup de gens font semblant de croire que (l’abolition) est une évidence »
mais « les risques demeurent dans beaucoup de pays »
et « rien n’est acquis »
, a-t-il insisté, qualifiant ce combat d’« existentiel pour nos sociétés démocratiques »
.
La question de la peine de mort a tendance à ressurgir en France à chaque fait divers qui secoue la société, comme dernièrement avec le meurtre de Lyhanna et celui de Louis, l’adolescent battu à mort à Narbonne. Selon un récent sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD paru mi-juin, 68% des Français se disent en effet favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants.
Pourtant, le chef de l’État a rappelé mardi que la peine de mort « n’a jamais rendu une société plus sûre »
car elle « ne dissuade pas ». « Cela a été montré, observé, mesuré »
, a-t-il martelé. « Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent, voudraient lui accorder. »
Une hausse des exécutions en 2025
Si 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, plusieurs pays sont marqués par une « résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires »
, selon l’ambassadrice française pour les droits de l’homme, Isabelle Lonvis-Rome.
Mi-mai, Amnesty International publiait d’ailleurs ses chiffres sur la peine de mort dans le monde, soulignant une hausse alarmante au cours de l’année écoulée : au moins 2.707 exécutions dans 17 pays en 2025, contre 1.518 l’année précédente, soit une augmentation de 78%, alerte l’ONG. Des chiffres probablement inférieurs à la réalité en raison de l’opacité de certains pays sur ce type de données, comme la Chine.
« Les chiffres mondiaux enregistrés par Amnesty International ne prennent donc pas en compte les milliers d’exécutions probablement réalisées en Chine, ni celles qui ont eu lieu au Viêt-Nam et en Corée du Nord, où l’organisation estime que le recours à la peine de mort a été massif »
, précise l’ONG.
Ensemble contre la peine de mort, organisatrice du congrès mondial, désigne la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak comme les quatre États ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024.









