Figure majeure de la recherche en économie théorique, Roger Guesnerie est mort à Paris, le 4 janvier, à l’âge de 82 ans. Son histoire rappelle celles qui célèbrent l’ascension sociale promue par la IIIe République. Né le 17 février 1943, enfant d’exploitants agricoles dans un petit village de la Mayenne, il est classé premier du canton au certificat d’études, et ses parents se voient offrir une bourse lui permettant de prolonger ses études. L’instituteur les convainc d’envoyer leur fils en internat, d’abord à Laval et ensuite au lycée de Rennes. Il y passe son bac, puis s’inscrit en classe préparatoire.
Reçu à l’Ecole polytechnique en 1962, il en sort dans le corps des Ponts et Chaussées. Et c’est à l’école des Ponts, où perdure la tradition des « ingénieurs économistes » inaugurée au XIXe siècle par Jules Dupuit, que Roger Guesnerie se verra gagné à son tour par cette façon de réfléchir aux questions économiques à l’aide d’équations. Elle le mènera au Collège de France.
Recruté initialement au Centre d’études et de recherches mathématiques appliquées à la planification (Cermap), il y pratique le calcul économique. Mais il s’intéresse aussi à la théorie et plus particulièrement au modèle dit « Arrow-Debreu », qui venait de révolutionner la discipline en décrivant dans un formalisme mathématique épuré le fonctionnement décentralisé des marchés et leurs propriétés d’efficacité.
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