- À Saint-Jean-de-Luz, un chalutier part tous les jours à la pêche aux déchets.
- L’équipage est toujours sidéré par ce qu’il récupère en mer.
- Le 13H de TF1 vous embarque à bord de ce bateau de pêche pas comme les autres.
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Chaque matin entre mai et septembre, Arnaud Clavier, capitaine de l’Itsas-Bellara
, admire l’aurore en sortant du port de Saint-Jean-de-Luz, au sud de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). « On se sent utile et en plus on a le droit de profiter de
ces paysages,
donc on est très heureux »,
confie-t-il dans le reportage du 13H ci-dessus. Ce matin-là, il va longer la côte vers le nord, direction Guéthary puis Bidart, deux petites villes côtières. S’il dit joindre l’utile à l’agréable, c’est que son bateau a un rôle essentiel : récolter non pas des poissons, mais des déchets.
C’est assez hallucinant ce qu’on peut trouver
C’est assez hallucinant ce qu’on peut trouver
Arthur Peyronnet, matelot
Avec ses deux matelots, le capitaine ne quitte pas une seconde des yeux la surface de l’eau. Les risques de heurter un déchet ne sont pas minces : « Il peut y avoir des dommages sur le moteur, l’hélice, et même la coque, donc c’est bien de sortir [ces déchets de l’eau] »
, souligne au micro de TF1 Thomas Gosselin-Berrouet, l’un des deux matelots. Lorsqu’une ligne de déchets est repérée, l’équipage installe un chalut. Cet immense filet de pêche avale les kilos de détritus qui se trouvent en surface. « C’est un peu du classique quoi, du déchet malheureusement pas mal lié à la pêche »
, rapporte le second matelot, Arthur Peyronnet.
Mais des déchets plus atypiques, portés par les différents courants, se retrouvent échoués dans ses filets. Il liste, pêle-mêle, les objets les plus insolites qu’il a pêchés : l’épave d’une barque, un téléviseur cathodique, des troncs d’arbres, ou même un cageot de pêche venu… d’Écosse, à des centaines de kilomètres de là. « En se baladant un peu dans les différentes zones de courant, parfois c’est assez hallucinant ce qu’on peut trouver. »
Arthur Peyronnet sourit en montrant à notre équipe l’impressionnante collection de casquettes qu’il a ramassées au fil du temps ; il préfère prendre les choses un peu à la rigolade, « sinon ça serait catastrophique. »
Un réseau de pêcheurs pour repérer les déchets
La présence d’Itsas-Bellara
au large de la côte Basque est très appréciée des petits pêcheurs. Certains lui servent d’ailleurs de vigie. « Quand il y a des déchets, on leur dit et puis ils viennent. Mais sans eux, on serait dans une petite mare de plastique. Heureusement qu’ils sont là »,
salue un pêcheur à notre micro. Chaque année, la quantité ramassée varie en fonction de la pluviométrie, de la houle et des courants.
« La plus grosse année, c’était 27 tonnes de déchets, environ 15 tonnes de plastique et 12 tonnes de bois »
, reprend le capitaine Arnaud Clavier. « Et là, une année calme comme cette année où il a très peu plu et où il y a eu très peu de houle, on est à environ 12 tonnes de déchets. »
Déposés en déchetterie, la plus grande partie de ces détritus sont ensuite recyclés. Selon le décompte de l’ONG The World Counts, 300 millions de sacs plastiques se déversent dans l’océan Atlantique chaque année.
Louan DENIEL | Reportage : Hortense VILLATTE et Jean-Vincent MOLINIER