- Connaissez-vous Arthur et Zoé, ces grandes figurines installées aux abords des écoles de dizaines de communes en France ?
- Ces silhouettes dont le but est de faire ralentir les automobilistes disparaissent régulièrement.
- Une équipe de TF1 s’est rendue dans une commune où Arthur a été dérobé pour la quatrième fois en deux ans.
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Le 20H
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Arthur et Zoé continuellement volés. Ces personnages d’1m60 installés aux abords des écoles dans plus de 150 communes françaises sont, depuis plusieurs mois, régulièrement dérobés. À Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, où se rend une équipe de TF1 dans le reportage du 20H visible en tête de cet article, il ne reste ainsi plus que les traces de pas d’Arthur : les fixations en goudron dans le sol. Cette silhouettesignalait pourtant la présence d’un passage piéton devant l’école. Alors à la sortie des classes, au moment de traverser avec ses petites-filles, Maryse doit désormais redoubler de vigilance.
« C’est gênant qu’il n’y ait plus cette signalisation qui permet aux enfants et aux automobilistes de faire attention. Disons qu’on a un peu peur que les gens arrivent très vite dans le secteur, et qu’ils ne s’arrêtent pas parce qu’il n’y a pas toujours malheureusement la police municipale »
, déplore la grand-mère face à notre caméra.
« La sécurité des enfants n’a pas de prix »
C’est la quatrième fois qu’un tel vol a lieu à Carry-le-Rouet en l’espace de deux ans. Les voleurs, des adolescents, ont à chaque fois été retrouvés, et ils ont dû rembourser le préjudice de 1.500 euros pour chaque silhouette dérobée. Mais ces vols posent surtout des questions de sécurité. « Ce n’est pas une histoire d’argent, la sécurité des enfants n’a pas de prix. Et au quotidien, les enfants de tous âges pratiquent ce chemin. Il y a une départementale qui passe, qui est dangereuse, donc c’est pour ça qu’on avait mis ce dispositif
« , souligne René-Francis Carpentier, le maire (divers droite) de la commune.
Carry-le-Rouet n’est pas la seule concernée. La presse locale s’en fait régulièrement l’écho. « Dans ce village des Yvelines, Arthur a disparu
« , annonce ainsi le média en ligne 78actu. « Des figurines de sécurité routière volées en Normandie
« , écrit aussi Ouest-France
. De même que Le Maine Libre
: « Les vols répétés de totems de signalisation exaspèrent ces maires sarthois
« .
Des panneaux sont aussi subtilisés par des jeunes qui affichent leurs prises sur les réseaux sociaux. « Là on va parler du panneau que personne n’a. Est-ce que quelqu’un a le ‘Arrêt Minute’ s’il vous plaît ?
« , se vante un adolescent dans une vidéo que montre notre reportage.
« Dès qu’on pose des panneaux, on prend des photos »
Mais chaque disparition entraîne des risques d’accident et représente aussi un coût important pour les petites communes. Que ce soit pour Arthur et Zoé comme, plus largement, les panneaux de signalisation routière dans leur ensemble. Dans un village des Vosges où se poursuit notre reportage, il y a eu cinq vols en deux mois à peine, soit plus de 1000 euros de préjudice. « Ici, on avait un panneau 70, on se l’est fait voler avec le mât. C’est un trou dans le budget forcément, parce que c’est des sous qu’on pourrait mettre ailleurs
« , déplore Eric Garion, maire (sans étiquette) d’Uriménil.
Les chantiers sont eux aussi concernés, comme celui de Saint-Ouen, en région parisienne, où se rend ensuite notre équipe. En cas d’accident, « l’entreprise reste toujours responsable. Ce que nous, on fait souvent, c’est que dès qu’on pose des panneaux, on prend des photos
« , explique Jelil Moutarou, le directeur d’exploitation. Ces clichés leur permettent de montrer que la signalisation avait bien été posée.
Voler un panneau est un délit dont les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.
La rédaction de TF1info | Reportage : Corentin MADÈRES, Lucie GLASSON, Olivier STAMMBACH